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Réglementation · 5 min de lecture

« Super Intelligence Force » : le groupe de travail de Trump a un patron et 120 jours

Dimanche sur Truth Social, Trump a doté sa « Super Intelligence Force » d'un patron, Jay Clayton, de trois vice-présidents et d'un rapport sous 120 jours.

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Le feuilleton de la « Super Intelligence » a changé de registre. Dimanche 4 octobre au matin, Donald Trump a officialisé sur Truth Social l'« AI Force » promise le 19 septembre : la « Super Intelligence Force », un groupe de travail fédéral chargé de coordonner l'action du gouvernement pour que l'Amérique reste la première puissance de la SI. La structure avait été révélée la veille par le Wall Street Journal, relayé le même jour par Reuters : des noms, un mandat, un échéancier.

Quinze jours après l'annonce en trois lignes, l'exécutif s'organise, cinq jours après le décret de renommage et l'accord de sécurité volontaire signé à la Maison-Blanche. Mais l'exécution reste virtuelle : ni texte fondateur sur whitehouse.gov, ni budget, ni effectifs annoncés.

✦ À retenir
L'annonceDimanche 4 octobre sur Truth Social : la « Super Intelligence Force » est présidée par Jay Clayton, directeur du renseignement national.
Le mandatUn rapport sur les risques et opportunités de la SI à remettre sous 120 jours, rendu au président et à sa chef de cabinet Susie Wiles.
La doctrineRépondre aux menaces liées à la SI tout en évitant « surrégulation et capture réglementaire », selon la charte rapportée par le Wall Street Journal.
La limiteNi budget, ni effectifs, ni texte fondateur : le groupe existe pour l'instant dans un post et un entretien au WSJ.

Un patron du renseignement et trois vice-présidents

La présidence revient à Jay Clayton, directeur du renseignement national depuis août et ancien président de la Securities and Exchange Commission. TechCrunch le décrit comme le « czar » de l'IA effectif, celui que le post du 19 septembre promettait « dans un avenir proche ». Le Wall Street Journal, repris par TechCrunch, CBC et BBC, lui adjoint trois vice-présidents.

MembreFonctionRôle
Jay ClaytonDirecteur du renseignement national (DNI)Président
Andrew FergusonPrésident de la Federal Trade CommissionVice-président
Emil MichaelSous-secrétaire à la Guerre pour la recherche et l'ingénierie, aussi décrit comme directeur technique du PentagoneVice-président
Scott KuporDirecteur de l'Office of Personnel ManagementVice-président

Les formulations varient (le BBC écrit « sous-secrétaire à la Défense », CBC préfère « directeur technique du Pentagone »), mais les quatre fonctions sont constantes sur toutes les sources consultées. Le groupe rendra compte au président et à Susie Wiles, chef de cabinet de la Maison-Blanche ; selon le New York Post, il compterait aussi JD Vance, Scott Bessent (Trésor), Pete Hegseth (Guerre) et l'ancien « czar » de l'IA David Sacks, de retour comme simple membre.

L'article de TechCrunch publié le dimanche 4 octobre 2026, signé Anthony Ha : l'annonce de la « Super Intelligence Force » et la structure révélée par le Wall Street Journal (capture d'écran).
L'article de TechCrunch publié le dimanche 4 octobre 2026, signé Anthony Ha : l'annonce de la « Super Intelligence Force » et la structure révélée par le Wall Street Journal (capture d'écran).
La Super Intelligence Force coordonnera les relations du gouvernement fédéral avec les consommateurs, les groupes d'intérêt public, les organisations religieuses, les fournisseurs d'infrastructures critiques et les entreprises de Super Intelligence.
Donald Trump, post Truth Social du 4 octobre 2026, traduit de l'anglais

Un rapport sous 120 jours, une charte à double détente

Le mandat tient en un rapport : sous 120 jours, évaluer les risques et les opportunités de l'IA et recommander le rôle que le gouvernement fédéral doit jouer. Selon la charte citée par le Wall Street Journal, le groupe doit élaborer des plans pour répondre aux menaces que la SI rend possibles contre la société, « tout en empêchant la surrégulation et la capture réglementaire qui étoufferaient l'innovation et la concurrence ». CBC précise, toujours d'après le Journal : passer en revue les mécanismes actuels de signalement des intrusions et incidents liés à l'IA, et recommander des renforcements dans le cadre des autorités existantes.

La double consigne est la marque de l'administration : se préparer aux menaces sans créer de contrainte, la ligne tenue depuis le refus de tout ralentissement opposé à Jensen Huang et l'appel des laboratoires à cadencer la frontière, que la Maison-Blanche a transformé en autocontrôle volontaire.

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Ce que l'on ne sait pas

Ni le budget, ni les effectifs, ni les pouvoirs exacts du groupe n'ont été annoncés, et rien n'indique qu'il disposera d'une autorité propre : son rapport sera d'abord un document remis au président. Aucun décret ni note publiée sur whitehouse.gov ne crée la structure à ce jour, et la charte elle-même n'est connue que par les extraits rapportés par le Wall Street Journal.

« Ne pas être premier » : la doctrine Clayton

À la tête du groupe, Clayton fait de la première place une question de sécurité nationale. Interrogé par le Wall Street Journal, il l'a résumé d'une formule reprise partout.

Le risque de ne pas être premier est élevé. Ne pas être premier accroît les risques identifiés et non identifiés, en particulier de la part de nos adversaires. Être premier nous permettra mieux de traiter ces risques au nom du peuple américain.
Jay Clayton, directeur du renseignement national, au Wall Street Journal, rapporté par le New York Post le 4 octobre, traduit de l'anglais

TechCrunch rappelle que Clayton avait déjà jugé « irresponsable » l'idée de reculer face à l'IA pendant que des pays comme la Chine avancent. Trump tient le même registre : son post dominical veut que l'Amérique « continue de diriger le monde en Super Intelligence », domaine que « beaucoup disent plus grand que la Révolution industrielle et qu'Internet », et il a réaffirmé au BBC : « celui qui gagne l'IA gagne ». En face, l'opinion reste frileuse : le sondage NYT/Siena comptait 61 % d'électeurs américains opposés aux data centers de l'IA, et la sénatrice Elizabeth Warren redemande, citée par la BBC, des « régulations significatives » plutôt qu'un énième comité.

De quinze jours en quinze jours : le feuilleton s'administre

Le 19 septembre, un post promettait une « AI Force » et un futur « AI Czar » ; le 4 octobre, il y a des noms, une charte et un échéancier, calés sur le vocabulaire du décret du 29 septembre. CBC note que c'est la deuxième fois que Trump nomme un conseiller pour superviser l'IA après David Sacks : la « Super Intelligence Force » réunit, elle, des titulaires d'agences déjà en poste.

De l'annonce en trois lignes au groupe de travail
Samedi 19 septembreSur Truth Social : sondage de renommage de l'IA, annonce de l'« AI Force » et d'un futur « AI Czar », sans aucun détail (notre récit).
Mardi 22 septembreÀ la tribune de l'ONU, Trump déclare l'IA rebaptisée « super intelligence » : une annonce orale, sans texte (notre article).
Mardi 29 septembreDéjeuner avec les dirigeants de l'IA, signature de l'accord volontaire « White House Accord on Super Intelligence », puis du décret de renommage.
Dimanche 4 octobreLa « Super Intelligence Force » reçoit ses noms, sa charte et ses 120 jours, après la révélation du Wall Street Journal la veille.
Les chiffres de l'annonce
120
jours pour remettre le rapport sur risques et opportunités
4
hauts responsables à la tête du groupe (un président, trois vice-présidents)
15
jours entre le post du 19 septembre et la structure du 4 octobre

La suite se jouera sur deux terrains : le rapport de 120 jours, dont dépendra la crédibilité d'un groupe sans budget annoncé, et la définition fédérale de « Super Intelligence » promise sous 60 jours par le décret du 29 septembre. C'est elle qui dira si la « Super Intelligence Force » coordonne une technologie réelle ou un nom de baptême.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la « Super Intelligence Force » ?

Un groupe de travail fédéral annoncé par Donald Trump sur Truth Social le dimanche 4 octobre 2026, chargé de coordonner l'action du gouvernement sur la SI et de remettre un rapport sous 120 jours.

Qui dirige la Super Intelligence Force ?

Jay Clayton, directeur du renseignement national, avec trois vice-présidents : Andrew Ferguson (FTC), Emil Michael (Guerre) et Scott Kupor (Office of Personnel Management).

La Super Intelligence Force a-t-elle un pouvoir réglementaire ?

Rien ne l'indique : sa charte, rapportée par le Wall Street Journal, lui demande des plans contre les menaces liées à la SI tout en évitant la surrégulation, et aucun texte fondateur n'a été publié.

Quel lien avec le décret du 29 septembre ?

Le décret impose le vocabulaire « Super Intelligence » à l'administration ; le groupe de travail adopte la marque jusque dans son nom : le décryptage.

Que reste-t-il à savoir ?

Budget, effectifs, composition complète et pouvoirs réels n'ont pas été annoncés ; la charte n'est connue que par les extraits du Wall Street Journal.