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Société · 6 min de lecture

Trump veut renommer l'IA, promet une « AI Force » et un futur « AI Czar »

Trump propose de renommer l'IA par sondage, promet une « AI Force » et un futur « AI Czar » : trois annonces sur Truth Social, zéro détail de mise en œuvre.

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Samedi 19 septembre, Donald Trump a fait de l'intelligence artificielle une affaire de nommage et d'institutions, à sa manière. Sur Truth Social, il a d'abord jugé les mots « Artificial Intelligence » inexactes et très peu élégantes, puis proposé à ses abonnés un sondage pour renommer la technologie. Quelques heures plus tard, il annonçait former une « AI Force » sur le modèle de la Space Force et promettre de nommer « dans un avenir proche » un « AI Czar ».

Deux jours plus tard, aucune de ces annonces ne s'est traduite par le moindre détail : ni structure, ni missions, ni calendrier, ni nom. En face, le calendrier des craintes, lui, se remplit : l'appel de Dario Amodei à cadencer la frontière, une audition de Geoffrey Hinton devant le Congrès cette semaine, et un sondage NYT/Siena qui montre 61 % d'électeurs américains opposés aux data centers de l'IA. C'est précisément ce contexte que Trump balaye d'un mot : « hoax », le canular.

À retenir
L'annonceUn sondage pour renommer l'IA (Superior, Extreme ou Supreme Intelligence), une « AI Force » comparée à la Space Force, un futur « AI Czar ».
La limiteTout est resté au stade du post Truth Social du samedi 19 septembre : aucune précision officielle depuis.
Le récitTrump présente les craintes sur l'IA comme la suite d'une liste de « hoaxes », entamée selon lui par une attaque contre les data centers.
À surveillerLe nom du « AI Czar » : le poste d'« AI and crypto czar » est vacant depuis le départ de David Sacks au printemps.

Le sondage qui veut renommer l'intelligence artificielle

Le post du samedi matin, que The Verge a reproduit en capture d'écran le 19 septembre, pose une proposition de sémantique d'État : beaucoup de gens trouvent, écrit Trump, que les mots « Artificial Intelligence » sont « inaccurate, and very ineloquent », relativement à AI, ou Artificial Intelligence. Il propose trois noms candidats : Superior Intelligence, Extreme Intelligence ou Supreme Intelligence. « This is a Poll, and I would appreciate everybody voting! », ceci est un sondage et j'apprécierais que tout le monde vote, conclut-il, avant de demander quel est le meilleur nom pour cette « Révolution » qui ne cesse de croître.

TechCrunch précise que le vote était encore ouvert à la publication de son article, samedi en fin de journée. The Verge situe l'initiative dans une série : après le golfe du Mexique, le Kennedy Center, le lac Ontario et le département de la Défense, le président veut laisser sa marque sur l'intelligence artificielle. La seule surprise, glisse le média, est que « American Intelligence » ne figurait pas sur sa liste.

De nombreuses personnes trouvent que les mots « Artificial Intelligence » sont inexactes, et très peu élégants, relativement à AI, ou Artificial Intelligence.
Donald Trump, post Truth Social du 19 septembre 2026, rapporté par TechCrunch et The Verge le même jour, traduit de l'anglais

Une « AI Force » et un « AI Czar », sans aucune précision

Dans son second post, Trump enchaîne les annonces. « For this purpose, I am forming the AI Force, much like I did Space Force », à cette fin je forme l'AI Force, tout comme j'ai formé la Space Force, écrit-il, en rappelant que la sixième branche des forces armées américaines, créée sous son premier mandat, avait été un « tremendous SUCCESS », un succès formidable, selon ses propres mots. Il promet aussi, « dans un avenir proche », l'annonce d'un « AI Czar », avec une condition de recrutement devenue la citation la plus reprise de la journée.

Seuls les individus à haut Q.I. peuvent postuler !
Donald Trump, post Truth Social du 19 septembre 2026, rapporté par TechCrunch, traduit de l'anglais

Le reste du post tient en une phrase que NBC News a citée en intégralité : « We will not in any way hinder or stifle the Growth of this incredible Industry », nous n'entraverons ni n'étoufferons en aucune manière la croissance de cette incroyable industrie. Trump concède aussitôt qu'il y a du « BAD », du mauvais, dans le secteur : il sera repéré « very easily » grâce au système de justice pénale et civile existant, sans nouvelle loi. Selon une synthèse de Yahoo News datée du 20 septembre, il prédit aussi à l'IA un poids « possiblement » égal à 25 % du PIB américain.

ÉlémentCe qui a été annoncéStatut au lundi 21 septembre
Renommage de l'IAUn sondage à trois noms sur Truth SocialVote en cours le 19/09 selon TechCrunch, aucun effet officiel
« AI Force »Une entité comparée à la Space ForceAucune structure, mission ni calendrier annoncés
« AI Czar »Une nomination « dans un avenir proche »Aucun nom ; la Maison-Blanche n'a rien ajouté (NBC News)
Rôle militaireRien dans le postUne lecture de médias, pas une formulation de Trump
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Une annonce de post, pas une institution

Rien n'indique que l'« AI Force » existe, ni qu'elle prenne une forme militaire ou civile : plusieurs médias francophones ont titré sur une « Force IA au sein de l'armée US », un cadre que le post ne contient pas, lui qui se contente d'une comparaison avec la Space Force. NBC News précise que la Maison-Blanche n'a pas donné de détails supplémentaires. Écrire que l'« AI Force » sera créée serait dépasser ce que la source primaire dit.

Le précédent est utile : le poste de « AI and crypto czar » a existé, occupé par David Sacks avant qu'il ne quitte ses fonctions plus tôt dans l'année, coincé selon NBC News par la limite de durée d'un « special government employee », puis coprésident du Conseil présidentiel des conseillers sur la science et la technologie selon TechCrunch. Le futur « AI Czar » hériterait d'un fauteuil vide depuis le printemps, dont les attributs exacts n'ont jamais été écrits noir sur blanc.

« Hoax » : la récidive, liste à l'appui

Le cœur du post est ailleurs que dans l'annonce : c'est une charge contre les critiques de l'IA. Trump écrit que tenter « the decimation, or destruction, of AI », la décimation ou la destruction de l'IA, est l'un des nombreux canulars démocrates, au même titre, liste-t-il, que « RUSSIE, RUSSIE, RUSSIE, UKRAINE, UKRAINE, UKRAINE, le réchauffement climatique, le canular de destitution n° 1, le canular de destitution n° 2, les hommes dans les sports féminins, et la transidentité pour tous » (liste rapportée par TechCrunch). Il assure qu'il « ne restera pas les bras croisés ».

Ce canular-là aurait, selon lui, une histoire : il « began with an attack on our Data Centers », a commencé par une attaque contre nos data centers, avant que les gens ne réalisent à quel point ils étaient « riches et prestigieux » pour les communautés qui les accueillent. « La folle attaque contre les data centers a largement échoué », écrit Trump, et les critiques « s'en prennent désormais directement à l'IA ». TechCrunch relève qu'aucune preuve n'appuie ce récit d'une opposition orchestrée : républicains comme démocrates ciblent les data centers, et l'État de New York, premier État américain à geler les permis de grands projets, l'a fait cet été.

La page de The Verge le dimanche 20 septembre : le titre « Trump now says he wants to form an 'AI Force' » et son sous-titre, qui rappelle que Trump affirme sans preuve que les data centers sont une bonne chose pour les communautés (capture d'écran).
La page de The Verge le dimanche 20 septembre : le titre « Trump now says he wants to form an 'AI Force' » et son sous-titre, qui rappelle que Trump affirme sans preuve que les data centers sont une bonne chose pour les communautés (capture d'écran).
Le fil des événements
Week-end du 12 au 13 septembreAu tournoi de golf, Trump se dit ouvert à des « garde-fous » tout en dénonçant des « forces négatives » qui portent les craintes (TechCrunch).
Lundi 14 septembreAu All-In Summit, Trump qualifie au téléphone les craintes d'« hoax » devant le public ; Jensen Huang lui donne raison.
Mardi 15 septembreLe sondage NYT/Siena publié par le New York Times : 61 % d'électeurs opposés aux data centers de l'IA.
Samedi 19 septembreSondage de renommage, puis annonces de l'« AI Force » et du futur « AI Czar » sur Truth Social.
Dimanche 20 septembreThe Verge, NBC News, CNN et Yahoo News encadrent les annonces ; Huang juge à CBS « irresponsable » d'alerter, avec « 0 % de chance » pour lui que l'IA détruise le monde.

Ce que disent les chiffres, et ce que dit Trump

La semaine qui précède ces posts avait vu le débat de sûreté s'intensifier côté industrie. La démission annoncée le 9 septembre par le chercheur Jacob Coxon, qui reprochait aux laboratoires de jouer « avec nos vies », avait ouvert la marche ; l'essai d'Amodei pour ralentir le rythme avait été suivi par Sam Altman puis Elon Musk. Au Congrès, NBC News rapporte que Geoffrey Hinton, « parrain » de l'IA et prix Nobel, a averti en audition à porte close cette semaine que le Parlement américain a « peut-être un an » pour réguler. Trump répond à tout cela par le même mot que lundi face à Jensen Huang : canular.

Les données publiques décrivent un autre tableau. Le sondage NYT/Siena donne 61 % d'opposition aux data centers de l'IA chez les électeurs américains, mais aussi moins de 1 % d'électeurs qui en feront un enjeu de vote en novembre. Le contraste est le même chez les acteurs : une industrie qui demande à se cadencer elle-même, face à une administration qui promet de ne rien entraver. Entre les deux, l'« AI Force » et le « AI Czar » restent, pour l'instant, deux noms.

Les chiffres des annonces et du contexte
3
noms proposés dans le sondage de renommage (Superior, Extreme, Supreme Intelligence)
61 %
des électeurs américains opposés aux data centers de l'IA (NYT/Siena, mardi 15 septembre)
25 %
du PIB américain : le poids que Trump prédit à l'IA (post rapporté par Yahoo News le 20 septembre)

Pour les utilisateurs, rien ne change à ce stade : aucune entité n'est créée, aucun texte ne s'applique aux modèles, et aucune des deux annonces n'a été suivie d'un document officiel. La seule décision concrète reste un vote de sondage, dont on ignore tout du décompte.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'« AI Force » annoncée par Trump ?

Une entité annoncée sur Truth Social le 19 septembre 2026, comparée à la Space Force. Aucune structure, mission ni calendrier n'ont été précisés, et la Maison-Blanche n'a rien ajouté selon NBC News.

L'« AI Force » est-elle une branche militaire ?

Rien ne le dit : le post compare l'« AI Force » à la Space Force sans la rattacher à l'armée. Le cadrage « force militaire » vient de reprises de presse, pas de la source primaire.

Pourquoi Trump veut-il renommer l'intelligence artificielle ?

Il juge les mots « Artificial Intelligence » inexactes et très peu élégantes et propose par sondage trois noms : Superior Intelligence, Extreme Intelligence ou Supreme Intelligence. Le vote était encore ouvert le 19 septembre selon TechCrunch.

Qui sera l'« AI Czar » ?

Personne ne le sait : Trump promet une annonce « dans un avenir proche » et exige des candidats un « haut Q.I. ». Le précédent titulaire du poste, David Sacks, l'a quitté au printemps pour coprésider le PCAST.

Qu'est-ce que le « hoax » de l'IA selon Trump ?

La thèse, répétée depuis le 14 septembre, selon laquelle les craintes sur l'IA sont un canular politique fabriqué. Dans son post, il les range dans la même liste que « RUSSIE, RUSSIE, RUSSIE », l'Ukraine ou le réchauffement climatique, sans fournir de preuve d'une opposition orchestrée.