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Société · 5 min de lecture

À l'ONU, Trump rebaptise l'IA « super intelligence »

Devant l'Assemblée générale de l'ONU mardi 22 septembre, Donald Trump a déclaré que l'IA s'appellerait désormais « super intelligence » dans les documents américains. Aucun texte officiel ne l'encadre à ce stade.

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Mardi 22 septembre au matin, la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies a servi de décor à la conclusion d'un feuilleton ouvert trois jours plus tôt sur Truth Social. Devant les délégations réunies à New York, Donald Trump a déclaré que les États-Unis rebaptisaient « officiellement » l'intelligence artificielle en « super intelligence », sigle SI, et que leurs documents administratifs allaient suivre.

L'annonce tient en une phrase du discours, publiée le jour même dans le résumé officiel de la Maison-Blanche : les États-Unis « rejettent totalement toute tentative de construire un schéma de contrôle globaliste » de l'IA, « ci-après officiellement dénommée Super Intelligence ». Le clip du passage a été diffusé par le compte officiel de riposte de la présidence américaine.

Le résumé officiel du discours publié par la Maison-Blanche le 22 septembre 2026, avec la phrase exacte du renommage : « hereinafter officially called Super Intelligence » (capture d'écran).
Le résumé officiel du discours publié par la Maison-Blanche le 22 septembre 2026, avec la phrase exacte du renommage : « hereinafter officially called Super Intelligence » (capture d'écran).
À retenir
L'annonceDevant l'ONU, Trump a déclaré l'IA rebaptisée « super intelligence » (SI) dans « tous les documents des États-Unis », et espéré que le monde suivra.
Le motifLe mot « artificial » donne selon lui l'impression que l'intelligence est « fake », alors qu'elle est « extraordinaire ».
Le statutUne annonce orale : la Maison-Blanche n'a publié aucun texte sur sa mise en œuvre selon Breaking Defense.
L'histoireLe nom retenu ne figurait pas dans le sondage du 19 septembre : Trump l'a fait entrer en lice lundi, veille du discours.
𝕏Rapid Response 47 (@RapidResponse47) · 22 septembre 2026 · traduit de l'anglais
.@POTUS : Les États-Unis rejettent totalement toute tentative de construire un schéma de contrôle globaliste de l'intelligence artificielle, ci-après officiellement dénommée « Super Intelligence ». Celui qui gagne l'IA GAGNE ! Nous menons aujourd'hui sur la Chine et sur tous les autres, et je vais faire en sorte que cela dure.
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Ce que Trump a déclaré depuis la tribune

Le passage intervient dans un discours consacré à sa diplomatie, entre charges contre l'ONU et appel à quitter la Cour pénale internationale. Selon le passage du discours cité par The Verge, Trump a expliqué son geste d'un mot : le terme « artificial » pose problème. « Cela donne l'impression que c'est faux, et ce n'est pas faux. C'est en fait extraordinaire », a-t-il lancé, avant d'ajouter qu'il faut « être prudent ».

À partir de maintenant, tous les documents des États-Unis, et j'espère ceux du monde entier, seront modifiés pour employer le terme bien plus exact de « super », par opposition à « artificial ».
Donald Trump, discours à l'Assemblée générale de l'ONU, 22 septembre 2026, traduit de l'anglais

« Autrement dit, bienvenue dans le nouveau monde de la super intelligence », a-t-il conclu, selon Breaking Defense. Reste que le président lui-même a souligné l'incertitude juridique de la démarche : « Voyons si j'ai un quelconque pouvoir. Peut-être que oui, peut-être que non. Nous allons le découvrir assez vite. » The Verge note que Trump avait déjà décrété des renommages, du golfe du Mexique au lac Supérieur en passant par le Kennedy Center et le Denali, avec des cartes numériques qui ont rapidement changé leurs libellés pour les utilisateurs américains. Cette fois, aucun de ces leviers n'est actionné : « artificial intelligence » est un terme scientifique, forgé pour le workshop de Dartmouth de 1956, que ni un décret ni un discours n'efface des laboratoires, des normes techniques ni de la presse.

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Une annonce orale, pas un décret

Aucun décret, aucune proclamation, aucune directive : à ce stade, le renommage existe dans la bouche du président et sur les réseaux de son administration. Breaking Defense le confirme : rien n'a été publié sur la manière dont le changement serait appliqué. Rien n'oblige donc qui que ce soit à changer de vocabulaire.

Le communiqué officiel de la Maison-Blanche qui compile les moments forts du discours de Donald Trump à l'ONU, daté du 22 septembre 2026 (capture d'écran).
Le communiqué officiel de la Maison-Blanche qui compile les moments forts du discours de Donald Trump à l'ONU, daté du 22 septembre 2026 (capture d'écran).

Un feuilleton en trois sondages et quatre jours

Le nom décrété à l'ONU a une histoire, et c'est peut-être l'angle le plus savoureux de l'affaire. Tout commence samedi 19 septembre, avec un sondage Truth Social proposant trois noms : Superior Intelligence, Extreme Intelligence ou Supreme Intelligence. « Super intelligence » n'y figurait pas, ce que The Verge relève d'emblée.

Le fil du renommage, du sondage à la tribune
Samedi 19 septembrePremier sondage Truth Social à trois noms : Superior, Extreme ou Supreme Intelligence.
Dimanche 20 septembreTrump retire « Supreme Intelligence », qui « perd nettement », et lance un second vote entre Superior et Extreme.
Lundi 21 septembre, 17 h 44 (heure de Paris)Un dernier tour inédit oppose « SUPER INTELLIGENCE » à « SUPERIOR INTELLIGENCE » : le nom retenu entre en lice pour la première fois, quatre minutes avant le post suivant.
Lundi 21 septembre, 17 h 48Trump tranche dans un post : il n'encouragera « que l'IA, ou SI (SUPER INTELLIGENCE) ».
Mardi 22 septembre au matinDepuis la tribune de l'ONU, le renommage devient une déclaration « officielle ».

Détail piquant relevé dans l'archive publique de ses posts tenue par Unusual Whales : dans le sondage du 19 septembre, le sigle « SI » désignait encore « Superior Intelligence ». Trois jours plus tard, à l'ONU, le même sigle désigne « Super Intelligence ». Le gagnant du feuilleton est donc un nom que le président a lui-même fait entrer en lice au dernier tour, la veille de le déclarer acquis. Breaking Defense note que le passage de l'IA du discours reprend quasi mot à mot ses posts Truth Social des jours précédents, hoax du réchauffement climatique compris.

Ce qu'un président peut réellement renommer

Le précédent le plus proche n'est pas le golfe du Mexique, mais le département de la Défense. Breaking Defense rappelle que les responsables nommés par l'administration ont adopté l'usage « Department of War », alors que le nom légal inscrit dans la loi reste « Department of Defense ». Le vocabulaire d'une administration peut changer ; la loi, elle, ne bouge pas sur une phrase.

RenommageCe qui a suivi
Golfe du Mexique, Denali, lac SupérieurDes textes, et des cartes numériques basculées pour les utilisateurs américains (The Verge)
« Department of War »Un usage de l'administration ; le nom légal reste Department of Defense (Breaking Defense)
« Super intelligence »Une phrase à la tribune de l'ONU ; aucun texte publié à ce stade

L'autre difficulté est sémantique, et les médias belges de 7sur7 l'ont relevée comme la presse spécialisée : pour les chercheurs, « super intelligence » ou « superintelligence » désigne une IA hypothétique, plus intelligente que le plus intelligent des humains, qui n'existe pas encore. Breaking Defense résume l'ambiguïté : impossible de savoir si Trump annonce son soutien à des machines surhumaines ou affirme que l'IA d'aujourd'hui est déjà « super ». Le glissement brouille un débat politique déjà sensible, celui du ralentissement de la frontière technique.

« Encourager, pas brider », face au pacing

Sur le fond, le discours confirme la ligne de la semaine. « Nous allons l'encourager, pas la brider », a déclaré Trump, en confiant la surveillance au ministère de la Justice et aux autres autorités chargées de faire appliquer la loi, sans texte nouveau. La formule vaut réponse, implicite, au débat ouvert par l'appel des laboratoires à cadencer la course aux modèles : où l'industrie parle de prudence, l'administration promet de ne rien entraver. « Celui qui gagne la super intelligence gagne », a-t-il résumé, en assurant que les États-Unis mènent « largement » devant la Chine.

Le renommage n'engage que ceux qui voudront bien l'adopter. Mais il installe dans le vocabulaire d'État un terme que la recherche réserve à une hypothèse dangereuse, précisément au moment où le débat sur les garde-fous s'intensifie. C'est peut-être là, plus que dans les documents administratifs américains, que la phrase de mardi laissera une trace.

Questions fréquentes

L'IA s'appelle-t-elle officiellement « super intelligence » ?

Pas à ce stade. L'annonce a été faite oralement à l'ONU le mardi 22 septembre 2026, et la Maison-Blanche n'a publié aucun texte sur sa mise en œuvre selon Breaking Defense.

Pourquoi Trump veut-il changer ce nom ?

Il estime que le mot « artificial » donne l'impression que l'intelligence est « fake », « alors qu'elle est en fait extraordinaire », et juge « super » plus exact.

« Super intelligence » figurait-il dans le sondage ?

Non. Le sondage du 19 septembre proposait Superior, Extreme ou Supreme Intelligence. Le nom retenu n'est entré en lice que lundi 21 septembre, dans un dernier tour face à Superior Intelligence.

Que signifie « superintelligence » pour les chercheurs ?

Une IA hypothétique plus intelligente que le plus intelligent des humains, qui n'existe pas encore. Employée pour l'IA d'aujourd'hui, l'expression crée une confusion pointée par Breaking Defense et 7sur7.