Outils Intelligence Artificielle
Accueil/ Actualités/ Réglementation/ USA Today poursuit OpenAI : ce que réclame la plainte
Réglementation · 5 min de lecture

USA Today poursuit OpenAI : ce que réclame la plainte

USA Today Co., l'ex-Gannett, et treize de ses filiales poursuivent OpenAI en contrefaçon et réclament plus de 250 millions de dollars, ainsi que la destruction des modèles entraînés sur leurs articles. Microsoft n'est pas visée.

Illustration

Le groupe de presse USA Today Co., l'ex-Gannett, poursuit OpenAI en contrefaçon devant le tribunal fédéral du district sud de New York (dossier 1:26-cv-08892 sur CourtListener). La plainte de 79 pages, déposée le 8 octobre 2026 avec treize filiales du groupe, accuse l'entreprise d'avoir copié des centaines de milliers d'articles pour entraîner ChatGPT. Elle réclame plus de 250 millions de dollars, et la destruction des modèles entraînés sur ces textes.

La plainte couvre 19 publications du groupe, de USA Today au Detroit Free Press. Elle vise sept entités du groupe OpenAI, sans Microsoft.

✦ À retenir
La plainteUSA Today Co. (l'ex-Gannett) et 13 filiales poursuivent OpenAI devant la justice fédérale de New York, dossier 1:26-cv-08892 déposé le 8 octobre 2026.
Les demandesPlus de 250 millions de dollars, une injonction, et la destruction des modèles entraînés sur leurs articles.
Le périmètre19 publications couvertes ; sept entités OpenAI citées, Microsoft non visée.
Le statutTout est allégation : aucune réponse d'OpenAI, aucun juge assigné au 9 octobre, rien n'est jugé.
Le succès commercial d'OpenAI repose sur une contrefaçon à grande échelle.
Plainte USA Today Co. c. OpenAI Foundation · 8 octobre 2026 · traduit de l'anglais

Qui attaque et qui est attaqué

USA Today Co., Inc., société du Delaware établie à Pittsford, dans l'État de New York, est l'ancienne Gannett Co., Inc. : la plainte rappelle une histoire qui remonte à 1906. Elle agit avec treize filiales qui détiennent ses titres, de Gannett Satellite Information Network au Detroit Free Press, en passant par Phoenix Newspapers. La plainte décrit des centaines de journalistes, présents dans treize États et récompensés par plusieurs dizaines de prix Pulitzer.

En face, sept entités du groupe OpenAI sont nommées, de la OpenAI Foundation (l'ex-OpenAI, Inc. jusqu'en octobre 2025) à OpenAI Global LLC. Microsoft, pourtant défenderesse dans le procès du New York Times, n'est pas citée ici.

Le docket CourtListener du dossier USA Today Co., Inc. v. OpenAI Foundation (1:26-cv-08892) : plainte déposée le 8 octobre 2026 devant le tribunal fédéral du district sud de New York, jury demandé par les plaignants.
Le docket CourtListener du dossier USA Today Co., Inc. v. OpenAI Foundation (1:26-cv-08892) : plainte déposée le 8 octobre 2026 devant le tribunal fédéral du district sud de New York, jury demandé par les plaignants.

Ce que réclame la plainte

Tout part des barèmes cités par la plainte : jusqu'à 150 000 dollars par contrefaçon délibérée, et jusqu'à 25 000 dollars par effacement d'une information de gestion des droits. Les plaignants en tirent une demande globale de plus de 250 millions de dollars. La plus lourde porte sur les modèles eux-mêmes : en application du 17 U.S.C. § 503(b), ils veulent la destruction de tous les modèles et jeux d'entraînement qui intègrent leurs contenus. S'y ajoutent une injonction permanente, la restitution des profits et un procès devant jury.

!
Des demandes, pas des décisions

Tout ceci figure dans une plainte, donc dans des allégations. Aucun juge n'est assigné au dossier au 9 octobre 2026 et OpenAI n'a pas encore répondu au tribunal. Rien n'oblige OpenAI à détruire quoi que ce soit à ce stade.

Ce que la plainte reproche à OpenAI

Le récit de la plainte (PDF intégral) suit une chaîne en trois temps. D'abord la copie : des centaines de milliers d'articles auraient été « copiés et ingérés à plusieurs reprises » pour l'entraînement. Le WebText de GPT-2 contenait déjà des textes de usatoday.com. Dans C4, une copie de 2019 du Common Crawl, les domaines du groupe pèsent plus de 122 millions de tokens, dont 23 millions pour le seul usatoday.com. Les jeux d'entraînement des modèles récents, de GPT-4 Turbo à GPT-6.1, restent secrets, note la plainte.

Ensuite, les sorties. La plainte joint trois réponses de GPT-5.6 qui résument des articles du Indy Star, du Detroit Free Press et du Knoxville News-Sentinel en reprenant leur organisation. Selon la plainte, « les utilisateurs n'ont aucune raison de visiter les sources originales ou de payer un abonnement ». De l'offre gratuite de ChatGPT aux versions Enterprise et Business, en passant par ChatGPT Search, ChatGPT Agent et Atlas : toute la gamme est visée.

Enfin, l'effacement : des programmes auraient été « conçus pour supprimer les informations de gestion des droits », ce qui fonde un troisième chef d'accusation au titre du DMCA, la loi américaine sur le droit d'auteur numérique. La plainte allègue aussi des filtres de sortie sélectifs : OpenAI n'aurait pas bloqué les sorties reprenant les contenus d'entités qui ne l'avaient pas attaquée en justice. Un cadre de Microsoft aurait parlé, en interne, d'une « dissimulation accidentelle » (accidental cover up). Ce passage s'appuie sur un dossier consolidé cité par la plainte, pas sur un constat du tribunal.

Une série de procès de presse

La presse américaine attaque les créateurs de modèles depuis décembre 2023, presque toujours devant le même tribunal fédéral de Manhattan. Le New York Times a déposé l'une des premières plaintes de ce type, une affaire où Microsoft est défenderesse et où la décision sur le jugement sommaire reste attendue (notre analyse). Le Seattle Times et Newsday ont suivi le 4 septembre 2026, dans un dossier depuis assigné au juge Jed S. Rakoff (notre article sur les procès de presse contre OpenAI).

AffairePlainte déposéeÉtat au 9 octobre 2026
New York Times c. Microsoft (1:23-cv-11195)27 décembre 2023Juge Sidney H. Stein ; décision sur le jugement sommaire attendue
Center for Investigative Reporting c. OpenAI (1:24-cv-04872)27 juin 2024Pas de décision signalée
Ziff Davis c. OpenAI (1:25-cv-04315)22 mai 2025Pas de décision signalée
U.S. News & World Report c. OpenAI (1:25-cv-09912)26 novembre 2025Pas de décision signalée
Richner Communications c. Microsoft (1:26-cv-05320)24 juin 2026Pas de décision signalée
Seattle Times et Newsday c. OpenAI (1:26-cv-07644)4 septembre 2026Juge Jed S. Rakoff ; pas de décision signalée
USA Today Co. c. OpenAI Foundation (1:26-cv-08892)8 octobre 2026Aucun juge assigné

Au début du mois, la justice avait aussi rejeté les plaintes antitrust de Chegg et de Penske contre Google et ses résumés IA (notre article).

L'article de The Verge du 8 octobre 2026, « USA Today becomes the latest publisher to sue OpenAI », qui a relayé l'annonce initiale de Reuters.
L'article de The Verge du 8 octobre 2026, « USA Today becomes the latest publisher to sue OpenAI », qui a relayé l'annonce initiale de Reuters.

Ce qui n'est pas décidé

Au 9 octobre 2026, le docket ne montre ni juge assigné ni réponse d'OpenAI, seulement la plainte et quelques notices de procédure. Ni OpenAI ni USA Today Co. n'ont fait de déclaration publique repérée. Le nombre exact d'œuvres enregistrées n'est pas connu : la plainte renvoie à des annexes sans décompte global.

Trois jalons à surveiller : l'assignation d'un juge, la première réponse d'OpenAI au tribunal, et la décision attendue dans le procès du New York Times, où le département de la Justice a contesté ce remède de destruction des modèles.

Questions fréquentes

Microsoft est-il visé par la plainte d'USA Today ?

Non. La plainte cite sept entités du groupe OpenAI et aucune société Microsoft ; Microsoft reste défenderesse dans le procès du New York Times, une affaire distincte.

OpenAI devra-t-elle détruire ChatGPT ?

Rien n'est décidé. La plainte demande la destruction des modèles et jeux d'entraînement intégrant les contenus des plaignants (17 U.S.C. § 503(b)), une demande qu'aucun juge n'a examinée à ce stade.

Gannett et USA Today, c'est la même entreprise ?

Oui. USA Today Co., Inc. est l'ancienne Gannett Co., Inc. : le groupe édite USA Today ainsi que des journaux locaux comme le Detroit Free Press ou l'Arizona Republic.