Make et Zapier font le même métier — relier vos applications pour qu'un déclencheur enchaîne une série d'actions — et se comparent mutuellement sur leurs propres sites, chacun à son avantage. Zapier met en avant ses 9 000 applications connectables ; Make répond qu'il offre environ deux fois plus d'actions par application, pour un prix unitaire plus bas. Les deux disent vrai, sur deux mesures différentes, et personne ne l'explique. Ce comparatif arbitre : ce que vous paierez réellement, ce que change un canevas ramifié face à un flux linéaire, et où vivent vos données.
AvantageEn retrait
Les deux interfaces en un coup d'œil
3 000 contre 9 000 : le chiffre qui ne tranche rien
Le duel commence par une guerre de chiffres, et les deux camps ont un problème de fraîcheur. Sur sa page de comparaison, Zapier annonce « plus de 7 000 intégrations » contre « moins de 2 000 » chez Make — alors que sa propre page de tarifs, consultée le même jour, revendique 9 000+ applications. En face, Make affiche 3 000+ applications et crédite Zapier de « 8 000+ ». Quant aux « 1 800 intégrations » qui traînent en tête des résultats français, elles datent de 2024.
L'ordre de grandeur officiel du 27 juillet 2026 : 9 000+ chez Zapier, 3 000+ chez Make. Mais ce ratio de trois pour un ne décide de rien — ce qui compte n'est pas la taille du catalogue, c'est que vos applications y figurent, et avec quelle profondeur. Make revendique « environ deux fois plus d'actions prédéfinies dans la plupart des applications » : là où Zapier en propose 10 à 15 pour une app donnée, Make en fournirait souvent 30 ou plus. Chiffre d'éditeur, mais il décrit un vrai partage des rôles : Zapier ratisse large, Make creuse.
Ne comparez pas les catalogues, comparez votre liste. Ouvrez les deux annuaires d'intégrations, cherchez vos cinq ou six outils critiques (CRM, facturation, messagerie, base de données), puis ouvrez la fiche de chacun et comptez les actions disponibles — pas seulement la présence de l'icône. Une application « supportée » avec trois actions ne remplace pas la même avec trente.
Pourquoi Make est-il moins cher que Zapier ?
Voici le cœur du sujet, et l'endroit où la plupart des comparatifs français se trompent. On lit souvent qu'un scénario de quatre actions coûterait « 4 opérations chez Make et 1 tâche chez Zapier ». C'est faux, et la documentation des deux éditeurs le dit noir sur blanc.
Chez Zapier, « chaque action réussie dans un Zap compte pour une tâche distincte ». Quatre actions, quatre tâches. Ce qui est vrai, en revanche, c'est que Zapier ne facture pas tout : le déclencheur est gratuit — « les déclencheurs de Zap ne consomment jamais de tâche », dit le centre d'aide — et les briques internes non plus (Filter, Paths, Formatter, Delay, Looping, Sub-Zaps, Digest, Storage, Tables, Forms : 0 tâche).
Chez Make, c'est l'inverse : chaque module exécuté consomme un crédit, déclencheur compris. La documentation est explicite — un module « watch new rows » qui va vérifier s'il y a de nouvelles lignes, c'est « 1 opération, une par vérification », même quand il ne rapporte rien.
Les deux unités ne mesurent pas la même chose. Le crédit Make (ex-« opération », converti 1 pour 1 en 2025) compte les modules exécutés, déclencheur inclus. La tâche Zapier compte les actions réussies, déclencheur et briques logiques exclus. Comparer 10 000 crédits à 750 tâches n'a donc aucun sens : il faut d'abord traduire votre scénario dans chacune des deux monnaies.
Prenons le même scénario des deux côtés : un formulaire est rempli → la fiche est enrichie via une API → le contact est créé dans le CRM → l'équipe est prévenue sur Slack.
| Étape | Make | Zapier |
|---|---|---|
| Déclencheur (nouveau formulaire) | 1 crédit | 0 tâche |
| Enrichissement (appel d'API) | 1 crédit | 1 tâche |
| Création dans le CRM | 1 crédit | 1 tâche |
| Notification Slack | 1 crédit | 1 tâche |
| Coût d'une exécution | 4 crédits | 3 tâches |
| Enveloppe de l'offre d'entrée | 10 000 crédits — Core 9 $/mois | 750 tâches — Professional 19,99 $/mois |
| Exécutions couvertes par mois | 2 500 | 250 |
À budget d'entrée, Make absorbe donc dix fois plus de passages que Zapier, pour un abonnement deux fois moins cher. Voilà la réponse factuelle à « pourquoi Make est-il moins cher ». Une réserve : ces deux prix ne valent que pour le premier palier. Les deux pages de tarifs sont pilotées par un curseur de volume — jusqu'à 8 millions de crédits chez Make, 2 millions de tâches chez Zapier — et chaque cran a son propre tarif.
Si un workflow comporte plusieurs étapes et tourne des milliers de fois par mois, la facture mensuelle devient très lourde.Heather H., responsable marketing et communication (gestion d'actifs), avis Capterra du 7 juillet 2026 · traduit de l'anglais
Dernier piège, commun aux deux : la facturation annuelle est cochée par défaut. Les 9 $ de Make Core deviennent 10,59 $ en mensuel (Pro : 16 contre 18,82 $ ; Teams : 29 contre 34,12 $), et Zapier affiche une remise de 33 % sur l'engagement annuel. Les deux grilles sont en dollars — même si Zapier propose un sélecteur de devise incluant l'euro.
Canevas ramifié ou flux linéaire : ce que ça change
C'est la différence que l'on voit avant même de comparer les prix. Zapier aligne des étapes de haut en bas ; on ajoute des embranchements avec les Paths, mais la lecture reste séquentielle. Make dessine un canevas : les modules sont des bulles reliées entre elles, et la logique passe par trois briques maison — le routeur (une même donnée vers plusieurs branches selon des conditions), l'itérateur (découper un tableau pour le traiter élément par élément) et l'agrégateur (tout recoller en une sortie unique).


Tant que le scénario reste simple, l'avantage va à Zapier : moins d'abstraction, prise en main plus rapide. Dès qu'il faut traiter un lot, boucler ou envoyer une même donnée vers trois destinations conditionnelles, il bascule — le canevas de Make montre les données circuler, ce qui aide au débogage. Les avis convergent d'ailleurs sur son point faible : passé un certain nombre de modules, ce même canevas devient illisible.
Les notes utilisateurs reflètent ce partage. Sur Capterra, Zapier obtient 4,7/5 sur 3 060 avis et Make 4,8/5 sur 407 avis, avec la même sous-note de facilité d'utilisation (4,3/5) — mais un écart net sur le rapport qualité/prix : 4,7 pour Make contre 4,3 pour Zapier.
Make ou Zapier : lequel est gratuit ?
Les deux, mais pas de la même façon. Make Free donne 1 000 crédits par mois sans limite de durée et sans plafonner le nombre de modules par scénario ; sa vraie contrainte est la fréquence — 15 minutes minimum entre deux exécutions. Zapier Free donne 100 tâches par mois mais limite les Zaps à deux étapes.
Traduit dans notre scénario à quatre blocs : le gratuit de Make en absorbe 250 passages par mois (1 000 crédits ÷ 4) ; celui de Zapier ne permet même pas de le construire, faute d'étapes suffisantes. Pour se faire un avis sans payer, Make est nettement plus confortable.
Agents IA et hébergement : les deux angles morts
Make propose ses AI Agents sur toutes les offres, une bibliothèque d'agents prêts à l'emploi, un serveur MCP pour piloter vos scénarios depuis un assistant externe et plus de 350 applications IA ; ses modules IA sont facturés dynamiquement, indexés sur les tokens consommés. Zapier répond avec Copilot, les étapes « AI by Zapier », Canvas, un serveur MCP et un SDK — mais sa grille de consommation mérite d'être lue : une étape IA coûte 1 tâche avec un modèle standard, 3 avec un modèle avancé, 5 avec un modèle premium, et chaque appel d'outil via MCP coûte 2 tâches. Surtout, Agents et Chatbots relèvent d'abonnements distincts.

Reste le critère que les comparatifs frontaux oublient presque toujours, et qui pèse lourd pour une organisation française.
À la création de son organisation, Make laisse choisir le centre de données — Union européenne ou États-Unis — un choix définitif, impossible à modifier ensuite. Zapier, lui, indique sur sa page sécurité être « hébergé sur Amazon Web Services aux États-Unis ». Côté certifications, Make affiche SOC 2 Type II, SOC 3, conformité RGPD et un programme de sécurité certifié ISO 27001 ; Zapier revendique SOC 2 Type II, SOC 3, RGPD et CCPA. Si vos automatisations manipulent des données personnelles ou sensibles, ce point tranche souvent avant le prix.
Le verdict : lequel choisir ?
Pas de vainqueur universel — d'où le coude-à-coude du tableau. Et dans la vraie vie, les deux logiques finissent souvent par cohabiter, comme le raconte un utilisateur du fil Reddit consacré au duel :
J'ai un service qui ne s'intègre qu'à Zapier : je paie donc 29 $ par mois pour envoyer ses informations vers Zapier, qui les transmet à Make, où toutes mes automatisations sont faites. Je fais tourner environ 10 000 tâches automatisées par mois — Zapier ne serait tout simplement pas abordable pour ça.u/ItisGonnaBeAlright, fil Reddit « Zapier vs Make – Which One Do You Prefer for Integrations? », 25 août 2025 · traduit de l'anglais
Choisissez Make si vos scénarios ramifient (branches conditionnelles, boucles, traitement de lots), si votre volume dépasse quelques centaines d'exécutions par mois, ou si vos données doivent rester en Europe. À budget d'entrée, il encaisse un ordre de grandeur de plus, agents IA inclus.
Choisissez Zapier si votre priorité est de brancher vite un maximum d'outils, y compris des services de niche absents des autres catalogues, et si personne dans l'équipe ne veut apprendre une logique de modules. Sa facturation — déclencheur, filtres et briques logiques gratuits — le rend plus compétitif qu'on ne le croit sur les Zaps courts.
Et si aucun des deux ne convient ? C'est le cas quand le volume devient très élevé ou que les données ne doivent pas quitter votre infrastructure : le coût au crédit comme le coût à la tâche deviennent alors dissuasifs. Regardez n8n, au code source ouvert et auto-hébergeable, facturé à l'exécution du workflow entier plutôt qu'à l'étape — le raisonnement complet est dans notre comparatif n8n vs Zapier. Les trois se retrouvent dans notre catégorie Productivité.
Questions fréquentes
Make et Zapier, est-ce la même chose ?
Non. Les deux relient vos applications sans code, mais Make dessine des scénarios ramifiés sur un canevas et facture chaque module exécuté ; Zapier aligne des étapes et ne facture que les actions réussies, déclencheur et filtres exclus.
Pourquoi Make est-il moins cher que Zapier ?
Son offre d'entrée est deux fois moins chère (9 $ contre 19,99 $/mois en annuel) pour une enveloppe bien plus large : sur un scénario de quatre blocs, Core couvre environ 2 500 exécutions par mois là où le Professional de Zapier en couvre 250.
Une tâche Zapier équivaut-elle à une opération Make ?
Non, et c'est le piège du duel. Un crédit Make = un module exécuté, déclencheur compris. Une tâche Zapier = une action réussie ; déclencheur, filtres, chemins et Formatter ne coûtent rien.
Make ou Zapier : lequel est gratuit ?
Les deux. Make Free offre 1 000 crédits/mois sans limite de durée ni plafond d'étapes (15 minutes minimum entre deux exécutions) ; Zapier Free offre 100 tâches/mois mais limite les Zaps à deux étapes.
Combien d'intégrations proposent Make et Zapier ?
Au 27 juillet 2026 : 9 000+ applications côté Zapier, 3 000+ côté Make d'après leurs pages officielles. Les chiffres de 1 800 ou 7 000 encore visibles dans les résultats de recherche sont périmés.
Qu'est-ce qui est mieux que Zapier ?
Cela dépend du besoin : Make pour les scénarios ramifiés et le volume à petit prix, n8n pour l'auto-hébergement et la souveraineté des données. Zapier reste imbattable sur le nombre d'applications connectables.
