LinkedIn ajoute un bouton « on dirait du slop IA » et retire son écriture assistée
LinkedIn déploie un bouton pour signaler les publications qui « ressemblent à du slop IA ». Le même jour, la plateforme retire sa fonction d'écriture assistée.

Depuis le 30 juillet 2026, le menu des trois points d'une publication LinkedIn contient une option inédite : « Seems like AI slop », soit « on dirait du slop IA ». Le mot n'a pas d'équivalent officiel en français. Le slop, c'est le contenu produit en masse par une IA générative, correct sur la forme, vide sur le fond, publié pour occuper le terrain plutôt que pour dire quelque chose. De la nourriture pour cochons, littéralement. Le voir écrit noir sur blanc dans l'interface d'un réseau détenu par Microsoft, c'est nouveau.
L'annonce vient de Hari Srinivasan, chief product officer de LinkedIn, dans une publication du 30 juillet 2026. Elle liste une demi-douzaine de mesures. Mais la plus intéressante n'est pas le bouton : c'est le retrait, le même jour, de la fonction maison qui « améliorait » un post avec l'IA.
Où se trouve le bouton et ce qui se passe quand on clique
L'option apparaît dans le menu des trois points en haut à droite d'une publication. The Verge, qui la voyait déjà le 30 juillet, décrit le comportement : après le clic, LinkedIn masque la publication et affiche un message de remerciement. Rien de plus visible côté lecteur.
Le post de Hari Srinivasan précise l'usage réel de ce clic. Le signalement ne supprime pas la publication : il sert de signal d'entraînement. « Le slop est difficile à définir et la définition change », écrit-il. « Cela nous permet d'affiner nos modèles et de faire de meilleurs fils. » Autrement dit, ce sont les utilisateurs qui apprennent à la machine ce qu'est le slop, pas l'inverse.
Détail que les reprises de presse ont peu relevé : le post parle de signaler « une publication ou un commentaire ». La fonction ne se limite donc pas aux posts.

Le déploiement est progressif. Sous l'annonce, une utilisatrice basée en Europe écrit le 30 juillet qu'elle attend encore de voir la fonction arriver chez elle. Si le bouton n'apparaît pas dans votre menu, il est probablement trop tôt.
Le chiffre qui a rendu la mesure inévitable
Trois semaines avant l'annonce, l'entreprise de détection Pangram a publié les statistiques de son extension Chrome, relayées le 9 juillet 2026 par 404 Media. Le verdict est brutal pour LinkedIn.
Une précision d'attribution s'impose : 404 Media retient 41 %, tandis que le billet de Pangram écrit « plus de 40 % ». Le tweet de la société, lui, dit « un peu plus de 40 % ». Ce sont les mêmes données, arrondies différemment.
LinkedIn était la plateforme la plus saturée en IA, avec un peu plus de 40 % des publications longues détectées comme entièrement générées par IA. En incluant les contenus assistés par IA et les contenus mixtes humain plus IA, ce sont les articles publiés sur X qui s'en sortaient le plus mal : seuls 50 % environ des articles X analysés ont été détectés comme entièrement écrits par un humain.Voir le post sur X
Le passage le plus gênant du rapport Pangram n'est pas le pourcentage. C'est l'explication avancée : LinkedIn, écrivaient les chercheurs, « encourage l'usage de l'IA sur sa plateforme de plusieurs façons, notamment via un bouton intégré "Write with AI", rebaptisé depuis "Enhance post", mais qui propose toujours une assistance à l'écriture ».
LinkedIn retire l'outil qui alimentait le problème
C'est exactement ce bouton que Srinivasan annonce supprimer. Et il en donne la raison, ce qui est rare dans ce type de communication.
Nous nous sommes demandé pourquoi les gens publient avec l'IA. La réponse, c'est que LinkedIn n'est pas un endroit où l'on écrit en un mot, et qu'ils se sentent plus en confiance en faisant passer leur texte par une IA. Nous en tirons la leçon : nous retirons la fonction « enhance your post » que vous voyez quand vous écrivez une publication ou un message, et nous la remplaçons par une fonction qui relit vos mots sans changer votre voix.Hari Srinivasan, chief product officer de LinkedIn, 30 juillet 2026
Le glissement est net. On passe d'un outil qui produit du texte à un outil qui corrige du texte. La distinction n'est pas cosmétique : c'est la différence entre un générateur comme Jasper et un correcteur comme Grammarly ou QuillBot, qui reformulent sans se substituer à l'auteur. Voir aussi les outils de la catégorie Rédaction.
Reste que LinkedIn ne renonce pas à l'IA : elle est partout ailleurs dans le produit, et Microsoft Copilot reste intégré à l'écosystème de sa maison mère.
Voici l'ensemble des mesures annoncées, telles qu'elles figurent dans le post d'origine.
| Mesure | Statut annoncé | Ce que ça change pour vous |
|---|---|---|
| Bouton « Seems like AI slop » | En cours de déploiement | Signaler une publication ou un commentaire depuis le menu des trois points |
| Nouveaux classifieurs | En cours de déploiement | Moins de slop dans les contenus suggérés et hors de votre réseau |
| Alerte privée à l'auteur | Au stade du test | Une mention dans votre tableau de bord d'analytics si vos posts paraissent inauthentiques |
| Retrait d'« enhance your post » | Annoncé | Remplacé par une relecture qui ne réécrit pas |
| Vérification de profils et de pages | En extension | Savoir qui a écrit ce que vous lisez |
| Blocage des commentaires de pages | Nouveau | Masquer les commentaires venant de pages entreprise |
Ce que le signalement ne fera pas
Plusieurs reprises de l'annonce écrivent que LinkedIn a bloqué « des millions » de tentatives d'automatisation ces deux derniers mois. Le post d'origine écrit billions, ce qui se traduit par milliards en français, et non par « billions ». Le post donne en réalité deux compteurs distincts : des centaines de milliers de tentatives de commentaires automatisés bloquées chaque jour, et des milliards d'autres tentatives d'automatisation bloquées sur les deux derniers mois. Les fusionner fait perdre un facteur mille.
L'autre limite est posée par LinkedIn elle-même, et elle mérite d'être lue attentivement. La plateforme distingue explicitement l'IA et le slop : « beaucoup de gens affinent leurs idées avec l'IA », écrit Srinivasan, avant d'ajouter que LinkedIn veut « que les membres reçoivent un retour de vrais humains sur ce qui sonne authentique, et pas qu'un détecteur d'IA les évalue et se trompe ».
Cette prudence n'est pas de la modestie. Les détecteurs de texte IA se trompent, en particulier sur les auteurs qui écrivent dans une langue apprise, dont le style formel ressemble à celui d'un modèle. C'est le risque le plus commenté sous l'annonce.
Les gens accusent en permanence les autres d'utiliser l'IA sur LinkedIn, à raison comme à tort, en se fondant sur des indices arbitraires : des mots, de la ponctuation. LinkedIn vient de leur donner un outil de plus pour accuser à tort.Allison Rossi, dans les commentaires du post, 30 juillet 2026
Si vous rédigez sur LinkedIn avec une IA, le risque n'est plus seulement d'ennuyer : c'est d'entrer dans un classifieur qui réduit votre portée hors de votre réseau. Le réflexe qui protège le mieux reste de dicter votre idée d'abord, puis de ne demander qu'une relecture. Nos 8 règles pour écrire de bons prompts s'appliquent telles quelles.
Questions fréquentes
C'est quoi le slop IA ?
Le « slop » désigne un contenu généré en masse par une IA, formellement correct mais sans idée ni expérience derrière. Le terme s'est imposé en 2024 par analogie avec la pâtée animale. LinkedIn l'écrit désormais dans son interface, ce qui en fait un mot de produit et plus seulement un mot d'internet.
LinkedIn peut-il vraiment détecter un texte écrit par IA ?
Pas de façon certaine, et l'entreprise l'admet. Son post du 30 juillet 2026 précise qu'elle veut un retour de vrais humains « et pas qu'un détecteur d'IA les évalue et se trompe ». Les classifieurs servent à réduire la visibilité des contenus jugés de faible qualité, pas à rendre un verdict.
Est-ce que ça pénalise mon compte ?
Rien dans l'annonce ne parle de sanction de compte. Les conséquences décrites sont une moindre présence dans les contenus suggérés et hors de votre réseau, plus une alerte privée en test dans votre tableau de bord d'analytics si des membres jugent vos publications inauthentiques.
Où se trouve le bouton exactement ?
Dans le menu des trois points en haut d'une publication. Le déploiement étant progressif, il peut ne pas encore être visible sur tous les comptes.
Sources : post de Hari Srinivasan sur LinkedIn (30 juillet 2026), The Verge et TechCrunch (30 juillet 2026), étude Pangram et 404 Media (9 juillet 2026).




