DistroKid confirme avoir retiré des titres après la plainte d'UMG
DistroKid confirme avoir retiré des titres « en réponse » à la plainte d'UMG, qui vise la musique IA dissimulée plutôt que la musique IA déclarée.

DistroKid a confirmé le 10 octobre avoir retiré des titres « en réponse » à la plainte d'UMG, rapporte The Verge. Pour les indépendants qui publient par son intermédiaire, la question devient concrète : votre titre peut-il disparaître du streaming sans prévenir ?
Une plainte qui vise la dissimulation, pas l'IA déclarée
UMG Recordings, Capitol Records et Capitol CMG ont attaqué DistroKid le 15 septembre 2026 devant le tribunal fédéral du Delaware, sous le dossier 1:26-cv-01156. La plainte fait 52 pages et empile cinq chefs : pratiques commerciales trompeuses au sens du droit du Delaware, contrefaçon directe et par participation, et les mêmes griefs pour les enregistrements antérieurs à 1972.
En note de bas de page, UMG écrit qu'elle ne conteste pas les usages légitimes de l'IA par les artistes. Sa cible est la dissimulation.
Ce procès ne porte pas sur la distribution de musique générée par IA clairement divulguée comme telle. Il porte sur le fait que DistroKid se fait passer pour ce qu'il n'est pas et profite de cette fausse impression.Plainte d'UMG (note 5), traduite de l'anglais
Ce que la plainte reproche à DistroKid
La plainte allègue trois « fausses impressions » : un catalogue présenté comme celui d'artistes humains, une posture d'alliance avec les plateformes contre le « slop » généré en masse, une image de combattant de la contrefaçon. UMG parle d'un « pipeline AI slop » : DistroKid « inonde les plateformes de slop généré par IA qui siphonne revenus et auditeurs des artistes légitimes ».
Ces volumes sont des allégations. Le compte « Lofi Chill » aurait publié 4 562 titres en douze mois, l'équivalent de 20 à 30 albums par mois. L'analyse citée par la plainte attribue à Suno plus de 97 % des titres de « Chill Flow Radio » et plus de 98 % de ceux de « Mellow Vibes Radio ».
UMG réclame le maximum légal, 150 000 dollars par œuvre contrefaisante, et le retrait des titres litigieux, sans chiffrer de total. Une plainte n'est pas un verdict : rien de tout cela n'a été jugé.
Des retraits confirmés, sans chiffre
Le 10 octobre, Amanda Ferri, vice-présidente Artist Services de DistroKid, confirme à The Verge les retraits. « Un très petit nombre d'enregistrements distribués par DistroKid ont été retirés en réponse à des réclamations d'UMG », indique-t-elle (traduit de l'anglais), en regrettant « la perturbation subie par les artistes concernés ». Ni le nombre de titres ni les plateformes ne sont précisés, et aucune liste de titres retirés n'est publique. The Music Network, qui a interrogé DistroKid le 11 octobre, n'avait reçu aucune réponse à la publication.

The Verge rapporte trois cas d'artistes touchés sans prévenir. McGwire a perdu six titres, dont une reprise de « Isn't She Lovely » de Stevie Wonder pourtant sous licence, et un autre retiré pour « échantillon non autorisé », alors que le titre échantillonné serait sorti deux ans après le sien. Le rappeur nerdcore Insane Ian a vu un titre original retiré sans avertissement ni explication. King Chase a perdu un album entier, en ligne depuis trois ou quatre ans « sans incident » et sans copyright strike, selon ses mots. Ces témoignages sont rapportés par le journal, sans vérification indépendante des droits.
La réponse de DistroKid et sa politique publique
DistroKid nie le fond depuis le dépôt de plainte. Son porte-parole déclarait le 15 septembre à Variety (traduit de l'anglais) : « Nous rejetons fermement les allégations d'UMG et sommes déçus qu'elle ait choisi la voie judiciaire plutôt que les processus établis du secteur. Nous avons confiance dans nos pratiques et entendons défendre DistroKid avec vigueur. »
La plainte cite elle-même la politique publique du distributeur. Sa page d'aide « Can I Upload Music Made With AI Tools to DistroKid? » (traduite de l'anglais) accepte la musique créée avec des outils d'IA, sous conditions : détenir 100 % des droits, pas d'usurpation d'identité, pas de « spam généré en masse », pas de contenu fait uniquement pour manipuler les algorithmes de streaming. Notre sélection des meilleurs générateurs de musique IA vous aide à créer ce que vous publierez ensuite chez DistroKid.

Où en est la procédure
Cette ordonnance du 28 septembre a remplacé le délai de réponse initial, et le nouveau terme n'est pas public. Au 12 octobre, aucune réponse au fond ni motion de rejet ne figure au docket. L'IFPI a lancé le 14 septembre son initiative « Streaming Integrity », que DistroKid n'a pas signée ; les maisons de disques poursuivent déjà Suno et Anthropic sur d'autres fronts.

Pour un artiste, la ligne utile reste celle du centre d'aide : la musique IA est acceptée si vous détenez tous les droits, sans usurpation ni inondation des plateformes. La procédure dira si DistroKid a tenu cette ligne.


