IA pour aider aux devoirs, sans faire à la place : le guide parent
ChatGPT, Le Chat et Copilot n'ouvrent pas avant 13 ans. Ensuite, ces assistants IA peuvent aider sur les devoirs, sans les faire à la place.

Une IA peut aider votre enfant à comprendre une leçon, s'entraîner et vérifier ses réponses. Elle ne doit pas faire ses devoirs à sa place : sans l'accord explicite de l'enseignant et sans travail personnel pour s'approprier les contenus produits, le cadre de l'éducation nationale parle de fraude. Et tout dépend d'abord de l'âge. ChatGPT, Le Chat et Copilot exigent 13 ans, Claude attend 18 ans, et un compte Google, nécessaire pour Gemini, réclame 15 ans en France : avant ces seuils, aucun de ces cinq services n'est accessible à un enfant.
À partir de 13 ans, ChatGPT et Le Chat demandent l'accord d'un parent, et Copilot affiche le même seuil d'âge. Les comptes encadrés, eux, existent chez OpenAI. L'école, de son côté, autorise l'IA générative en classe à partir de la quatrième, encadrée par l'enseignant.
Ce que l'IA peut faire, et ce qu'elle ne doit pas faire
Le « Cadre d'usage de l'IA en éducation », publié par le ministère en juin 2025, gradue l'usage par niveau. Dès le premier degré, les élèves sont sensibilisés aux IA sans les manipuler. L'usage pédagogique devient autorisé en classe à partir de la quatrième, expliqué et accompagné par l'enseignant. Au lycée, il peut devenir autonome, dans un cadre défini par le professeur.
Le texte trace une ligne claire pour les devoirs :
« L'utilisation d'une intelligence artificielle générative pour réaliser tout ou partie d'un devoir scolaire, sans autorisation explicite de l'enseignant et sans qu'elle soit suivie d'un travail personnel d'appropriation à partir des contenus produits, constitue une fraude. »
La règle vient du ministère. Le même texte déconseille les logiciels de détection, jugés peu fiables : ils pourraient pénaliser un élève à tort.
Côté familles, l'académie de Paris a publié un document « IA et devoirs à la maison », rédigé en mai 2025 par des inspecteurs pédagogiques. Il liste cinq usages possibles : vérifier la compréhension d'une leçon, mémoriser, automatiser, stimuler la réflexion, structurer un travail. Et il rappelle la limite : une IA générative n'est pas un moteur de recherche, elle peut inventer des informations, c'est ce qu'on appelle une hallucination.

Le cadre ministériel de juin 2025 s'adresse à l'école : il organise l'usage en classe et le comportement attendu des enseignants. Le travail à la maison n'y est pas réglé ; pour le soir, la référence pratique reste les conditions d'utilisation de chaque service.
L'âge minimum, service par service
Chaque service fixe son seuil dans ses conditions d'utilisation.
| Service | Âge minimum | Ce qui est demandé à un mineur |
|---|---|---|
| ChatGPT (OpenAI) | 13 ans | L'accord d'un parent jusqu'à 18 ans |
| Le Chat (Mistral) | 13 ans | L'accord d'un parent ou tuteur |
| Copilot (Microsoft) | 13 ans | Selon les pays ; page dédiée aux jeunes |
| Gemini (Google) | 15 ans en France | Via un compte Google, qui exige 15 ans en France |
| Claude (Anthropic) | 18 ans | Aucun accès pour les mineurs |
Chez Copilot, la page jeunes liste des usages scolaires : poser des questions, se faire aider sur un devoir, résumer un document, trouver des idées. Elle porte un bandeau : elle décrit l'ancienne version de l'application, et les règles d'âge de la nouvelle, mise en ligne le 18 août 2026, ne sont pas établies.
Gemini pose un cas à part : l'aide Google décrit un accès pour enfants via Family Link, mais les comptes supervisés sont exclus de l'Espace économique européen. En France, pas d'accès encadré pour les plus jeunes.
Les comptes encadrés
OpenAI propose le dispositif le plus détaillé. Le contrôle parental de ChatGPT relie le compte d'un parent à celui d'un ado : le parent gère des réglages, fixe des horaires et reçoit des notifications de sécurité dans des cas limités. La liaison ne donne accès ni aux conversations ni à l'historique, et l'un ou l'autre peut la rompre à tout moment.
Sous 18 ans, ChatGPT bascule automatiquement sur l'expérience Teens : rappels de devoirs qui suggèrent le mode étude, plages horaires d'étude choisies par l'ado ou le parent relié, quiz. La bascule s'appuie sur l'âge déclaré ou vérifié, et sur une prédiction d'âge qui observe les sujets abordés, les horaires d'utilisation et l'ancienneté du compte.
Ces contrôles ont été annoncés le 29 septembre 2025 dans un billet officiel disponible en français. Une mise à jour du 13 juillet 2026 y ajoute l'activation du mode étude depuis l'espace parental, pour guider l'usage scolaire. OpenAI y annonce une disponibilité pour tous les utilisateurs, sans publier la liste des pays couverts : en France, la disponibilité réelle n'est donc pas documentée.

Mistral n'offre rien d'équivalent : aucun compte encadré ni contrôle parental au catalogue de Le Chat. L'accord demandé dans les conditions d'utilisation reste la seule mention pour un mineur.
Le sujet des mineurs est sensible outre-Atlantique : huit États poursuivent OpenAI sur la sécurité des enfants dans ChatGPT.
Ce que le cadre de l'école impose aux enseignants
Le cadre ministériel s'adresse d'abord aux enseignants, et l'une de ses règles les plus concrètes touche les comptes. Un enseignant ne doit en aucun cas demander à un élève de créer un compte personnel auprès d'un service d'IA accessible au grand public. Le texte motive la règle : aucune donnée personnelle ne doit y être utilisée.
Pour un parent, cela veut dire qu'aucun enseignant ne peut réclamer le compte personnel de votre enfant. Ouvrir un compte reste une décision de famille, à prendre en regard des seuils d'âge ci-dessus. Notre article sur les IA pour les enseignants détaille ce cadre côté professeurs.
Les données de l'enfant : le seuil des 15 ans
La France a fixé le consentement numérique à 15 ans. L'article 45 de la loi Informatique et Libertés impose l'accord d'un parent quand le traitement des données d'un mineur de moins de 15 ans repose sur son consentement non contractuel, dans les services en ligne. La CNIL l'a détaillé dans une recommandation du 9 juin 2021 : un seul parent suffit en pratique.
Le RGPD, lui, pose 16 ans par défaut et laisse chaque État descendre jusqu'à 13 ans. La France a choisi 15.
Une autre loi, votée le 7 juillet 2023, prévoit une majorité numérique à 15 ans pour s'inscrire sur les réseaux sociaux. Elle n'est pas appliquée : sans décret d'application ni aval de la Commission européenne, elle reste lettre morte. Pour les assistants IA, ce sont donc les conditions d'utilisation qui fixent la marche effective.

Ce qui manque en France
Qui cherche un service d'IA conçu pour les enfants en trouve peu. Khanmigo, le tuteur de la Khan Academy souvent cité aux États-Unis, vend son abonnement parent ou élève aux résidents américains majeurs seulement. Un mineur ne peut l'utiliser que si ses parents lui donnent accès, ou via un établissement scolaire partenaire de Khan Academy.
Gemini illustre l'autre absence. L'aide Google Familles explique comment autoriser un enfant de moins de 13 ans à accéder aux applications Gemini, puis précise que ces applications ne sont pas disponibles pour les comptes supervisés dans l'Espace économique européen. En France, l'accès encadré des plus jeunes n'existe donc pas.
À ce jour, aucun tuteur IA pour enfants vendu en France n'a été identifié.
Le mode d'emploi : la demande qui fait travailler
Une fois le compte ouvert, c'est la demande qui fait la différence. Le document de l'académie de Paris donne la méthode en deux gestes : donner le contexte, niveau, discipline et thème du cours, puis être précis sur l'attendu. Sa demande type fait réviser plutôt que copier : l'IA doit poser des questions, pas rédiger la réponse.
Niveau quatrième, chapitre sur la Révolution française. Pose-moi 20 questions pour vérifier que j'ai mémorisé les éléments importants du cours.
La même structure marche dans toutes les matières : le niveau et le thème en première phrase, la tâche exacte en deuxième. Nos guides sur les IA pour réviser ses cours et les IA pour les maths détaillent les demandes efficaces, matière par matière.
Deux règles accompagnent le compte. Une IA générative peut inventer des informations avec aplomb : la vérification fait partie du travail de l'élève. Et aucune donnée personnelle ne se donne à une IA, ni nom, ni prénom, ni adresse, ni nom d'établissement.
Le cadre ministériel, lui, retient un critère : le travail personnel d'appropriation. Une façon de le vérifier à la maison : demandez à votre enfant de réexpliquer la notion sans l'assistant. S'il y arrive, l'outil a servi.


