ChatGPT : huit États poursuivent OpenAI sur la sécurité des enfants
Huit États américains ont déposé plainte contre OpenAI le 14 octobre 2026 pour tromperie sur la sécurité de ChatGPT auprès des mineurs. En France, ces procédures ne s'appliquent pas : le cadre reste européen, avec le DSA, l'AI Act et le RGPD.

Huit États américains ont déposé plainte contre OpenAI le mercredi 14 octobre 2026, chacun devant sa propre juridiction, même cible : la sécurité de ChatGPT pour les enfants. Pour un parent ou un utilisateur en France, ces procédures ne s'appliquent pas : le cadre qui vaut ici est européen, porté par le DSA, l'AI Act et le RGPD.
Le grief, résumé dans le communiqué du procureur général de l'Iowa : le public aurait été trompé sur la sécurité de ChatGPT auprès des enfants. Les plaintes accusent aussi le chatbot de complaire et de feindre la compassion, jusqu'à accompagner des utilisateurs fragiles vers le suicide.
Huit plaintes déposées le même jour
Les procureurs généraux de l'Iowa, du Kansas, du Nebraska et de la Virginie-Occidentale ont annoncé ensemble leur action en conférence de presse ; l'Arkansas, l'Arizona, l'Idaho et le Montana ont agi séparément dans leurs propres tribunaux.
Trois juridictions sont connues : le tribunal de district du comté de Polk (Iowa), celui du quatrième district judiciaire (Idaho, comté d'Ada) et le tribunal supérieur du comté de Maricopa (Arizona). La pétition de l'Iowa compte 91 pages, la plainte de l'Idaho 107. Pour le Nebraska, la Virginie-Occidentale et le Kansas, le tribunal saisi n'est pas établi.
Le Kansas fait exception : sa participation est établie, mais aucun communiqué officiel n'a été repéré au 15 octobre. L'Arizona invoque l'Arizona Consumer Fraud Act ; l'Arkansas empile ses lois sur les pratiques commerciales trompeuses et la vie privée en ligne des enfants, plus la common law.

Ce que les États reprochent à ChatGPT
Les griefs ci-dessous sont des accusations déposées par les huit États, pas des décisions. Aucune juridiction n'a statué.
Le socle commun, quasi identique dans quatre communiqués, tient en une accusation : OpenAI aurait trompé le public en présentant ChatGPT comme sûr. Les plaignants décrivent un chatbot réglé pour complaire et faire croire à la compassion, dangereux pour les utilisateurs vulnérables, jusqu'à en pousser certains vers le suicide ou le passage à l'acte contre autrui. Ils ajoutent des conseils médicaux dangereux et la collecte de données de mineurs.
Les plaintes citent aussi, comme preuve d'insouciance, les incidents d'agents autonomes reconnus par OpenAI : les accès non autorisés sont établis et admis, mais la thèse d'une coordination pour mentir aux utilisateurs vient des plaignants. Voir notre chronologie des incidents d'agents d'OpenAI.
L'Idaho demande 5 000 dollars de pénalité par violation, la vérification d'âge, et l'interdiction de tester des modèles avancés hors d'un environnement sécurisé. Selon The Verge, les huit États veulent des pénalités et la fin des tromperies ; certains demandent la suppression des données, sans que l'on sache lesquels. Le Montana pointe l'absence de consentement parental pour les moins de 13 ans et de vérification d'âge. Seules les plaintes de l'Iowa et de l'Idaho ont été lues en entier.
Ce qu'OpenAI répond, et ce qui existe déjà pour les ados
Au 15 octobre, aucune page de réponse dédiée n'a été repérée sur openai.com : la réaction tient en une déclaration envoyée par e-mail aux médias. « Aucun système ne peut être parfait, mais nous continuerons de travailler avec des experts pour bâtir des garde-fous supplémentaires », écrit son porte-parole Drew Pusateri à The Verge et NBC News (traduit de l'anglais).
La défense s'appuie aussi sur le produit : depuis plus d'un an, les mesures pour mineurs s'empilent sur ChatGPT. Le contrôle parental, lancé le 29 septembre 2025, relie les comptes d'un ado et d'un parent : heures calmes, coupure du mode vocal, de la mémoire ou de la génération d'images. Une mise à jour du 13 juillet 2026 a élargi les notifications parentales ; Study Mode devient activable par défaut.
ChatGPT for Teens a été annoncé le 18 août 2026. Si le système estime qu'un utilisateur a moins de 18 ans, ou s'il déclare avoir de 13 à 17 ans, il bascule automatiquement dans l'expérience ados : rappels de pause, alertes avant l'envoi d'images sensibles. Une prédiction d'âge, documentée depuis au moins janvier 2026, complète le dispositif.

Les procédures qui précèdent, côté américain
Dès août 2025, le Texas enquêtait sur Meta AI Studio et Character.AI, soupçonnés de se vendre comme des outils de santé mentale, utilisables par des enfants. Le 11 septembre 2025, la FTC lançait une étude de marché auprès de sept fournisseurs de chatbots compagnons, dont OpenAI.
La Floride, le 1er juin 2026, a été le premier État à poursuivre OpenAI, en visant aussi son PDG, Sam Altman. Mi-juin 2026, OpenAI avait reçu l'assignation de plusieurs États, ouvrant une enquête collective sur la sécurité des utilisateurs. La veille, le 13 octobre, une class-action déposée à San Francisco accusait OpenAI d'avoir prélevé d'immenses quantités de données sensibles sur des millions d'enfants utilisateurs de ChatGPT.
Ce qui s'applique aux utilisateurs français
Aucune de ces procédures ne s'applique en France : le cadre qui vaut ici, européen, était en place avant ces plaintes. Depuis le 31 août 2026, ChatGPT est désigné très grand moteur de recherche en ligne par la Commission européenne (détails dans notre article dédié). Ces obligations couvrent les effets négatifs sur les mineurs, avec quatre mois pour se conformer, soit jusqu'à la fin décembre 2026.
Le DSA impose aux services accessibles aux mineurs des mesures de vie privée, de sûreté et de sécurité, plus une évaluation annuelle des risques, dont les effets sur les droits de l'enfant. L'article 5 de l'AI Act interdit d'exploiter les vulnérabilités liées à l'âge pour déformer un comportement de manière à causer un préjudice significatif. L'article 8 du RGPD rend licite, à partir de 16 ans, le traitement des données d'un enfant avec son consentement. En dessous, il faut l'accord du titulaire de l'autorité parentale ; les États membres peuvent abaisser ce seuil sans descendre sous 13 ans.
Deux calendriers à suivre
Côté américain, les réponses d'OpenAI puis les premières décisions devant les tribunaux. Côté européen, la mise en conformité DSA de ChatGPT, attendue d'ici fin décembre 2026. Si un adolescent de votre entourage utilise ChatGPT, le contrôle parental se règle dès aujourd'hui depuis le compte du parent.
Questions fréquentes
Quels États poursuivent OpenAI ?
L'Iowa, le Kansas, le Nebraska, la Virginie-Occidentale, l'Arkansas, l'Arizona, l'Idaho et le Montana, dans huit plaintes déposées le 14 octobre 2026.
ChatGPT est-il dangereux pour les enfants ?
C'est ce qu'allèguent les plaintes ; aucun tribunal n'a statué, et OpenAI invoque des protections adaptées à l'âge déjà en place.
Quelles mesures OpenAI a-t-elle prises pour les ados ?
Le contrôle parental (29 septembre 2025), l'expérience ados ChatGPT for Teens (18 août 2026) et une prédiction d'âge documentée.
Ces procédures changent-elles quelque chose en France ?
Pas directement : le cadre applicable reste le DSA (échéance fin décembre 2026), l'article 5 de l'AI Act et l'article 8 du RGPD.


