HiddenLayer lève 100 millions de dollars pour sécuriser l'IA des entreprises
HiddenLayer lève 100 millions de dollars en série B, menée par Delta-v Capital, et affirme avoir multiplié son revenu récurrent par plus de 10 en un an.

La sécurité de l'IA vient d'attirer cent millions de dollars de plus. HiddenLayer, start-up d'Austin (Texas), a annoncé ce mercredi 2 septembre une série B de 100 millions de dollars menée par Delta-v Capital, avec Ten Eleven Ventures, Morgan Stanley, M12 (le fonds de corporate venture de Microsoft) et Booz Allen Ventures, selon le communiqué officiel publié à 17 h 00, heure de Paris. L'entreprise protège les modèles, les agents et les flux de travail IA contre les attaques adversariales, les vulnérabilités et l'injection de code malveillant.

Un tour de 100 millions de dollars, trois ans après la série A
Cette série B succède à une série A de 50 millions de dollars levée en septembre 2023, rappelle TechCrunch. L'argent servira d'abord à approfondir la plateforme, en particulier la sécurité des agents à l'exécution (« Agentic Runtime Security »), et à déployer Agent Harness Security, qui étend cette protection aux agents de codage autonomes adoptés dans les chaînes de développement.
Aucune valorisation n'est annoncée, ni dans le communiqué ni par la presse spécialisée. HiddenLayer nomme aussi un Chief Revenue Officer, Mike Gesnaldo, et prépare d'autres recrutements tournés vers l'international.
Une croissance à lire « selon HiddenLayer »
Les chiffres de traction viennent de l'entreprise elle-même, qui ne publie pas ses comptes. Interrogé par TechCrunch, son PDG indique que le revenu récurrent annuel (ARR) a été multiplié par plus de 10 en un an et se situe désormais en « dizaines de millions » de dollars, avec plus de 90 % de cette croissance portée par de nouveaux clients. Le communiqué ajoute plus de 50 nouveaux clients plateforme, de la banque et l'assurance aux grands groupes technologiques, en passant par le département de la Défense américain et la communauté du renseignement.
Le détail le plus parlant : HiddenLayer affirme accompagner un client décrit comme un « fournisseur de modèle frontière de premier plan », en sécurisant plus de 700 millions d'utilisateurs hebdomadaires. L'entreprise ne le nomme pas ; TechCrunch y voit OpenAI ou Anthropic, à titre de simple supposition.
Tous les chiffres de croissance de cet article (ARR, clients, utilisateurs) sont des affirmations de HiddenLayer ou de son PDG, reprises par la presse. Aucun tiers ne les a vérifiés.
L'éditeur met en avant 39 brevets accordés et, selon son rapport « 2026 AI Threat Landscape », 96 % des organisations qui jugent l'IA critique pour leurs opérations, mais près d'un tiers incapables de dire avec certitude si elles ont subi une brèche liée à l'IA. Des chiffres éditeur, à lire en connaissance de cause.
De la protection des modèles à celle des agents
Le socle commercial reste le même qu'en 2023, explique Chris Sestito à TechCrunch : découverte des modèles, protection à l'exécution, simulation d'attaques et sécurité de la chaîne d'approvisionnement IA. Ce qui a changé, c'est le périmètre des menaces : l'injection de prompts, la manipulation d'agents et l'usage malveillant d'outils. Des risques qui ne sont plus théoriques, comme le montrent la faille critique de Zoom révélée avec moins de 20 prompts IA ou ces agents qui ont installé du code que personne ne possédait via des fichiers llms.txt.
L'inférence reste l'inférence. Que ce soit sur un modèle de machine learning traditionnel, de l'IA générative ou un flux de travail agentique, une grande partie de notre technologie s'applique encore.Chris Sestito, cofondateur et PDG de HiddenLayer, à TechCrunch
L'éditeur annonce aussi analyser environ 50 formats de fichiers IA pour vérifier que les modèles ouverts sont ce qu'ils prétendent être, jusqu'aux « modèles cachés dans les modèles » que décrit Sestito.
Un marché que Gartner voit à presque 5 milliards en 2027
Le contexte explique la cadence des levées. Gartner estime que les dépenses en produits de sécurisation de l'IA atteindront 2,83 milliards de dollars en 2026, soit 83 % de plus qu'en 2025, et presque 4,78 milliards en 2027 (prévisions du 26 août, reprises par TechCrunch). Les grands éditeurs de cybersécurité ont surtout choisi d'acheter leur brique IA : Cisco (Robust Intelligence), Palo Alto Networks (Protect AI) et Check Point (Lakera). Et les jeunes pousses s'empilent : Noma a levé 100 M$ l'an dernier, Zenity 125 M$ en série C en août.
La veille exactement, AIR sortait du stealth avec 50 millions de dollars pour vérifier les skills et serveurs MCP que les agents installent. Les deux entreprises se retrouvent sur le terrain des agents et citent les mêmes concurrents, mais partent de couches différentes : HiddenLayer protège les modèles et étend cette protection aux agents, AIR sécurise la chaîne d'approvisionnement des agents eux-mêmes. Et les estimations de marché divergent : le PDG d'AIR chiffrait le revenu annuel cumulé des spécialistes en dessous de 100 M$, quand Gartner mesure 2,83 Md$ de dépenses en 2026. Les deux mesures ne se contredisent pas : les grands éditeurs de cybersécurité encaissent aussi une partie de ces budgets.
HiddenLayer, start-up d'Austin qui édite des outils de sécurité pour protéger les modèles, les agents et les flux de travail IA, a levé une série B de 100 M$ menée par Delta-v Capital (@ramiyertc / TechCrunch) (Rendez-vous sur Techmeme point com pour le lien et le contexte complet !)Voir le post sur X
Questions fréquentes
Qui a mené la série B de HiddenLayer ?
Delta-v Capital, avec la participation de Ten Eleven Ventures, Morgan Stanley, M12 (le fonds de corporate venture de Microsoft) et Booz Allen Ventures.
Quelle est la valorisation de HiddenLayer ?
Aucune valorisation n'est annoncée dans le communiqué de l'entreprise ni par la presse spécialisée.
Sestito admet à TechCrunch qu'une partie de ces produits pourrait finir intégrée aux plateformes de Microsoft, OpenAI ou AWS. Il parie que l'infrastructure IA ira vers la gouvernance plutôt que vers ses outils, avec un programme simple : « grandir verticalement aux côtés de l'intelligence artificielle ».


