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Société · 6 min de lecture

Une plainte collective accuse xAI d'avoir entraîné Grok sur des contenus pédopornographiques

Une plaignante anonyme accuse xAI d'avoir entraîné Grok sur des contenus pédopornographiques anciens et générés. La plainte est déposée, aucun juge n'a statué.

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Le 26 août 2026, une action collective a été déposée contre xAI devant le tribunal fédéral du district Nord de la Californie, division de San José (n° 5:26-cv-09016). La plaignante, anonymisée sous le nom « Jane Doe 1 », y affirme que la société a entraîné ses modèles Grok sur des contenus pédopornographiques, anciens et générés. Ars Technica s'est procuré la plainte complète et a révélé l'affaire le 27 août.

Le dépôt est un fait. Le fond est une allégation portée par une victime et ses avocats : aucun juge n'a statué, aucune preuve n'a été débattue. Cette distance doit guider la lecture.

À retenir · l'essentiel
Le faitUne action collective a été déposée le 26 août 2026 contre xAI devant le tribunal fédéral de San José (n° 5:26-cv-09016).
L'allégationDes images de la plaignante, identifiées par leurs empreintes de hachage, auraient servi dans le jeu de données de xAI ; les productions de Grok nourriraient aussi l'entraînement, par défaut.
La limiteL'accusation d'entraînement tient en une phrase dans la plainte ; c'est, selon Ars Technica, la première du genre contre xAI.
Ce qui est demandéDes dommages aux victimes, l'interdiction de générer de tels contenus et la destruction des images déjà créées.

Ce que la plaignante allègue

Selon la plainte, la plaignante était en âge préscolaire au début des années 2000, et les images de ces violences circulent sur Internet depuis. Identifiée par le National Center for Missing and Exploited Children (NCMEC), elle a vu des centaines de milliers de fichiers de cette série figurer, selon le document, dans des signalements aux forces de l'ordre. Les images ont été hashées et intégrées à la liste de hachage du NCMEC, et le Canadian Centre for Child Protection (CCCP) a lui aussi identifié ce matériau. D'après Ars Technica, c'est le CCCP qui a prévenu la plaignante qu'un contenu généré par IA la représentant avait été trouvé sur xAI.

La première page de la plainte déposée le 26 août 2026 au tribunal fédéral du district Nord de la Californie (division de San José).
La première page de la plainte déposée le 26 août 2026 au tribunal fédéral du district Nord de la Californie (division de San José).

L'accusation d'entraînement tient en une phrase, à l'article 88, que nous traduisons : « Des contenus montrant la plaignante, associés à leurs valeurs de hachage connues de longue date, ont été utilisés dans le jeu de données exploité par xAI. » Le communiqué des avocats, cité par Ars Technica, précise que ces images figuraient dans la liste de hachage du NCMEC et que « ce même matériau » a fait « partie du jeu de données que xAI a utilisé pour construire les capacités de génération d'images et de vidéos de Grok ». Toujours selon Ars, c'est la première action en justice du genre contre xAI, et le document n'entre pas dans le détail.

Comme les conditions d'utilisation de Grok traitent par défaut les publications publiques sur X et ses propres productions comme des données d'entraînement, publier une image ne fait pas que l'exposer aux regards : cela l'injecte directement dans le pipeline que xAI utilise pour entraîner et améliorer son modèle.
Plainte du 26 août 2026, citée par Ars Technica · traduit de l'anglais

L'accusation d'entraînement, pièce par pièce

Sur la réutilisation des productions, la plainte entre dans le détail : les images générées par Grok, y compris les contenus pédopornographiques, sont traitées par défaut comme matière éligible à l'entraînement, et auraient donc servi à entraîner et affiner le modèle automatiquement. Or, retirer l'influence d'un exemple d'un modèle déjà entraîné est techniquement difficile, et xAI ne le revendique pas : tout ce qui serait entré avant un retrait continuerait d'influencer les productions, selon la plaignante.

La plainte pointe aussi un silence de politique : les pratiques publiques de filtrage de xAI nomment les contenus violents comme catégorie exclue de l'entraînement, mais ne précisent pas si les contenus pédopornographiques, les images intimes non consenties (NCII) et les contenus sexuels explicites (NSFW) sont exclus.

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Ce qui n'est pas établi

Une plainte introductive est un récit, pas une décision. Aucun juge n'a tranché, la phase de production des preuves n'a pas commencé, et xAI n'a pas répondu publiquement à la demande de commentaire d'Ars Technica. L'allégation d'entraînement sur du contenu fiché historiquement devra être étayée en procédure, ou tomber.

Ce qui a précédé

La plainte s'inscrit dans une série. Selon le document, un post viral du 31 décembre 2025 a déclenché un raz-de-marée : entre le 29 décembre et le 8 janvier, environ trois millions d'images sexualisées créées et publiées sur X, dont plus de 23 000 montrant d'apparents enfants, d'après une estimation du Center for Countering Digital Hate reprise par la plaignante. xAI a ensuite réservé la génération d'images et de vidéos aux abonnés Premium+ et SuperGrok.

Le fil des événements
31 décembre 2025Un post viral déclenche une vague de générations d'images explicites par Grok, selon la plainte.
8 janvier 2026La génération d'images et de vidéos est réservée aux abonnés Premium+ et SuperGrok.
11 janvier 2026Grok reconnaît des « lacunes de protection » ayant permis des générations d'images illégales.
Mi-mars 2026Trois adolescentes américaines déposent une action collective après la transformation de leurs photos en images pédopornographiques.
26 août 2026Dépôt de la présente action collective contre X.AI Corp. et X.AI LLC.
27 août 2026Le dossier est confié à un juge fédéral, qui établit un calendrier de gestion initiale.

Deux précédents éclairent la position de la société : en mars 2026, xAI avait été poursuivie par trois adolescentes dont les photos de classe avaient servi à générer des contenus pédopornographiques ; en juillet, la société a attaqué en justice des utilisateurs qui avaient produit des contenus illégaux avec Grok, comme le souligne l'enquête d'Ars Technica. L'été a ensuite vu la sortie de Grok 4.5, puis le lancement de Grok Bot en bêta.

Ce que la plainte demande, et ce qui reste ouvert

La plaignante agit pour une classe : les personnes résidant aux États-Unis dont les images ou vidéos d'enfance ont été modifiées par Grok pour produire de la pédopornographie au sens du code fédéral, soit au moins des milliers de personnes. Elle invoque la Masha's Law, qui ouvre à une victime mineure des dommages réels ou forfaitaires de 150 000 dollars, plus les frais et, le cas échéant, des dommages punitifs, ainsi qu'une seconde cause fondée sur les interdictions fédérales en vigueur. Un jury est demandé.

La plaignante demande aussi d'interdire à xAI de générer, de détenir ou de transporter de tels contenus, et de détruire ce qui aurait déjà été créé. La plainte affirme que la protection légale du 47 U.S.C. § 230 ne s'applique pas, le contenu ayant été créé ou développé par xAI elle-même.

xAI doit être tenue responsable d'avoir, en connaissance de cause, entraîné ses modèles sur les images des violences atroces qu'elle a subies, et sur celles de chaque autre survivant de cette classe.
Communiqué des avocats de la plaignante, cité par Ars Technica · traduit de l'anglais

Le reste est ouvert, par construction : l'action collective doit survivre aux étapes préalables, la classe doit être certifiée, puis la phase d'enquête s'ouvrira. L'allégation d'entraînement est la nouveauté ; rien n'a été tranché au fond. Alors que d'autres États instruisent aussi le dossier de l'IA, comme notre décryptage de la citation de l'Alabama contre OpenAI le montre, une procédure de cette ampleur peut raisonnablement durer des années.

Questions fréquentes

Grok a-t-il été entraîné sur des contenus pédopornographiques ?

C'est ce qu'affirment la plaignante et ses avocats : des images d'elle identifiées par leurs empreintes numériques auraient figuré dans le jeu de données de xAI, et les productions de Grok seraient traitées comme matière d'entraînement par défaut. Rien n'a été jugé.

xAI est-elle condamnée dans cette affaire ?

Non. L'action collective vient d'être déposée : aucune décision n'a été rendue, aucune preuve n'a été débattue, et xAI n'a pas répondu publiquement.

Qu'est-ce que la Masha's Law ?

Une loi fédérale américaine (18 U.S.C. § 2255) qui ouvre une action civile aux victimes mineures au moment des faits, avec des dommages réels ou forfaitaires de 150 000 dollars.