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Confidentialité · 6 min de lecture

Confidentialité : OpenAI promet la zéro rétention des données clients et riposte à Anthropic

OpenAI promet de surveiller les abus sur plusieurs conversations sans conserver aucune donnée client : une riposte directe à la rétention de 30 jours d'Anthropic.

Illustration

Le 19 août 2026, OpenAI a publié un billet intitulé « Offering Zero Data Retention for frontier models ». L'entreprise y présente Private Safety Processing, un système automatisé de surveillance des usages malveillants qui fonctionne sans que ses équipes puissent voir le contenu des clients. L'annonce arrive un peu plus de deux mois après qu'Anthropic a instauré une rétention de 30 jours sur ses modèles les plus puissants, une décision qui a braqué une partie des entreprises.

Le duel porte sur une question qui décide des contrats : peut-on détecter un usage malveillant étalé sur plusieurs sessions sans conserver les données ? Anthropic répond que non, il faut garder les conversations. OpenAI répond qu'un système automatisé peut repérer les schémas sans rien retenir. L'annonce prolonge la série de communications d'OpenAI sur la sécurité, au lendemain du ralentissement volontaire de ses entraînements présenté le 18 août.

À retenir · l'essentiel
Le faitOpenAI présente Private Safety Processing, une surveillance automatisée des abus qui ne conserve aucune donnée client.
La promesseZéro rétention des prompts et des réponses, aucun accès du personnel au contenu (une exception : les images signalées comme potentiel CSAM), pas d'entraînement sans accord explicite.
La cibleLa politique d'Anthropic, qui retire la zéro rétention aux organisations utilisant ses modèles de classe Mythos depuis le 9 juin 2026 (les plans grand public ne sont pas concernés).
Le calendrierTesté avec des clients pilotes, déploiement et livre blanc technique prévus en septembre 2026.
Les chiffres de l'annonce
30
jours de rétention imposés par Anthropic sur ses modèles couverts
9 juin 2026
entrée en vigueur de la politique d'Anthropic
1
signal étroit reçu par OpenAI quand un risque est détecté, sans le contenu des échanges
septembre 2026
déploiement prévu de Private Safety Processing et publication du livre blanc

Ce qu'OpenAI annonce exactement

OpenAI ne lance pas un produit mais un aperçu, actuellement testé avec des clients pilotes. Le billet pose d'abord la promesse historique de la Zero Data Retention (ZDR) pour les clients API éligibles : OpenAI ne conserve ni les prompts ni les réponses une fois la requête traitée. Le contenu des clients n'est pas accessible au personnel d'OpenAI pour examen, et les données des entreprises ne servent pas à l'entraînement des modèles, sauf si le client l'accepte explicitement. Une exception, documentée dans une note de bas de page du billet : les images signalées comme potentiel matériel d'abus sexuel sur mineur (CSAM) continuent d'être conservées pour examen manuel et signalement aux autorités, y compris dans les déploiements à zéro rétention, « comme aujourd'hui ».

La nouveauté s'appelle Private Safety Processing. Les systèmes de sécurité actuels compatibles ZDR évaluent chaque interaction isolément. Or certains risques n'apparaissent que lorsque plusieurs interactions sont rapprochées : un acteur malveillant qui étale ses requêtes, qui sonde les garde-fous de façon répétée, ou un agent qui continue d'agir après qu'on lui a dit de s'arrêter. Private Safety Processing étend la détection à ces schémas croisés, sans jamais exposer les contenus.

Concrètement

Un attaquant qui prépare un logiciel malveillant peut fragmenter son travail sur plusieurs conversations pour passer sous les radars. Private Safety Processing analyse ces conversations entre elles. Si un risque est repéré, OpenAI reçoit seulement un signal étroit décrivant le type d'activité, pas le contenu des échanges.

Le stockage suit la même logique. Dans les déploiements ZDR, le contenu reste sur l'infrastructure contrôlée par le client. OpenAI développe aussi une option où les données sont hébergées chez lui, chiffrées avec des clés dont seul le client dispose : les équipes d'OpenAI n'ont pas de copie de ces clés, donc aucun accès possible. Quand un risque est identifié, c'est le client qui enquête dans ses propres systèmes. Il peut choisir de partager des éléments avec OpenAI pour contester une alerte, clarifier une activité légitime ou étayer une investigation.

L'adoption de l'IA en entreprise dépend uniquement du contrôle des données par le client, sans utilisation directe ou dérivée au-delà du service choisi. L'engagement de non-entraînement d'OpenAI et la ZDR donnent à Glean la confiance de construire avec OpenAI. À mesure que les modèles gagnent en capacités, OpenAI montre que la sécurité peut progresser sans compromettre la confidentialité et le contrôle qui fondent la confiance des entreprises.
Sunil Agrawal, directeur de la sécurité de l'information de Glean · traduit de l'anglais

À noter : le billet s'adresse aux clients de l'API. Il n'annonce aucun changement pour les comptes ChatGPT grand public, dont les contrôles de données restent ceux du compte.

Pourquoi cette annonce vise Anthropic

Sans jamais nommer son concurrent, le billet évoque « certains déploiements récents de modèles frontière » qui exigent des clients qu'ils acceptent la conservation de contenus sensibles à des fins de surveillance. Tout le monde aura compris : il s'agit de la politique d'Anthropic.

Depuis le 9 juin 2026, Anthropic conserve 30 jours les invites et les réponses produites avec ses modèles couverts, c'est-à-dire les modèles de classe Mythos et les futurs modèles aux capacités similaires. Le point souvent mal compris : ce changement ne concerne que les organisations qui avaient configuré la zéro rétention (ZDR), via la Console Claude, Claude Code en Enterprise avec ZDR, ou un accès Bedrock, Google Cloud Agent Platform et Microsoft Foundry avec ZDR. Les plans grand public (Free, Pro, Max, claude.ai, Claude Code) ne sont pas affectés. Autrement dit, Anthropic ne généralise pas la rétention : il supprime la ZDR pour les modèles couverts. La justification est exactement le problème que Private Safety Processing prétend résoudre : détecter les attaques qui s'étalent sur plusieurs requêtes.

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Deux dates à ne pas confondre

Plusieurs reprises datent la politique d'Anthropic de juillet. La page d'aide d'Anthropic la fait entrer en vigueur le 9 juin 2026, et sa mise à jour date du 9 juillet 2026. Dès le 11 juin, PCMag et Yahoo Tech rapportaient que Microsoft restreignait l'usage de Claude Fable 5 en interne, précisément à cause de cette rétention.

La mesure a inquiété les entreprises qui manipulent des données sensibles : selon TechCrunch, le Wall Street Journal évoque une fronde qui gronde dans la Silicon Valley. Anthropic a tenté de rassurer dans sa page d'aide : par défaut, aucun de ses employés ne peut lire les conversations conservées. Tout examen humain passe par un chemin d'accès contrôlé, réservé à un petit groupe d'examinateurs approuvés, avec un journal infalsifiable que les examinateurs ne peuvent ni supprimer ni modifier. Après 30 jours, les données sont supprimées automatiquement, sauf si elles ont été signalées par les systèmes de sécurité ou si la loi impose de les garder.

Le contexte commercial donne la clé de l'opération : les revenus annualisés d'Anthropic ont dépassé 65 milliards de dollars et, selon le Wall Street Journal cité par TechCrunch, la croissance d'OpenAI au deuxième trimestre a été plus lente que celle de son rival. La confidentialité devient un argument de vente.

Le billet d'OpenAI « Offering Zero Data Retention for frontier models », publié le 19 août 2026.
Le billet d'OpenAI « Offering Zero Data Retention for frontier models », publié le 19 août 2026.

Le match des promesses : OpenAI contre Anthropic

CritèreOpenAI (billet du 19 août 2026)Anthropic (page d'aide, modèles couverts)
Rétention des donnéesAucune après traitement pour les clients API éligibles à la ZDR (sauf images signalées CSAM)30 jours pour les modèles couverts chez les organisations qui avaient une ZDR, puis suppression automatique
Périmètre concernéClients API éligibles, y compris les modèles frontièreModèles de classe Mythos et futurs modèles équivalents, uniquement pour les organisations en zéro rétention (Console, Claude Code Enterprise, Bedrock, GCAP, Foundry)
Accès humain au contenuAucun, même quand une alerte est déclenchée : seul un signal étroit remonte (sauf les images signalées CSAM, conservées pour examen manuel)Aucun par défaut ; examen possible par un petit groupe d'examinateurs via un chemin contrôlé et journalisé
Entraînement sur les donnéesNon, sauf opt-in explicite des clients entreprisesInterdit sur le contenu des clients des services commerciaux, selon les conditions commerciales
Surveillance multi-conversationsPrivate Safety Processing, automatisé, en aperçuRétention de 30 jours servant à l'analyse de sécurité
Chiffrement contrôlé par le clientContenu chez le client, ou stockage OpenAI chiffré avec des clés clientOption de clés gérées par le client pour les organisations éligibles

Les deux promesses se répondent point par point. La vraie différence tient au pari technique : Anthropic juge qu'il faut pouvoir relire les échanges, OpenAI juge qu'un agent automatisé peut s'en passer. Un élément penche pour l'instant du côté d'Anthropic : sa politique est déjà en production depuis le 9 juin, alors que Private Safety Processing n'est qu'un aperçu testé avec un petit nombre de clients.

La page d'aide d'Anthropic, en français, sur la rétention de 30 jours des modèles couverts.
La page d'aide d'Anthropic, en français, sur la rétention de 30 jours des modèles couverts.

Ce qui reste à vérifier

Le livre blanc technique d'OpenAI, promis pour septembre, n'est pas encore publié : c'est lui qui dira comment le système croise les conversations sans jamais les stocker. Anthropic, de son côté, a déjà publié le sien sur la rétention et l'examen des données, accessible depuis sa page d'aide via le Centre de confiance : sur ce point précis, la comparaison est pour l'instant asymétrique.

Le périmètre exact des clients éligibles au déploiement de septembre n'est pas précisé, et la promesse du billet porte une note de bas de page : les exceptions éventuelles se liront dans le contrat et l'addendum de traitement des données, pas dans le communiqué.

Anthropic n'a rien annoncé en retour. Sa politique de rétention reste en vigueur, et rien ne dit qu'un signal automatisé suffira à convaincre ses clients les plus prudents.

Pour les utilisateurs grand public, rien ne change. L'épisode rappelle en revanche que les liens de partage peuvent rendre des conversations publiques, comme l'ont montré les conversations Claude indexées par Google en juillet.

Astuce

Avant de signer, lisez le contrat : chez les deux éditeurs, c'est l'addendum de traitement des données qui fait foi sur la rétention, les sous-traitants et les usages autorisés, pas le billet de blog.

Le fil des événements
9 juin 2026La politique de rétention de 30 jours d'Anthropic entre en vigueur pour les modèles couverts.
11 juin 2026La presse rapporte que Microsoft limite l'usage de Claude Fable 5 en interne.
9 juillet 2026Anthropic met à jour sa page d'aide sur la rétention.
19 août 2026OpenAI présente Private Safety Processing, en test avec des clients pilotes.
Septembre 2026Déploiement prévu de Private Safety Processing et publication du livre blanc technique.

Questions fréquentes

OpenAI peut-il voir mes conversations ?

Pour les clients API sous zéro rétention, non : les prompts et les réponses ne sont pas conservés après traitement et le personnel n'y a pas accès, sauf les images signalées comme potentiel CSAM, conservées pour examen manuel et signalement. Pour un compte ChatGPT classique, ce sont les contrôles de données du compte qui s'appliquent.

Qu'est-ce que la politique de rétention de 30 jours d'Anthropic ?

Depuis le 9 juin 2026, Anthropic conserve 30 jours les échanges passés sur ses modèles de classe Mythos pour ses travaux de sécurité, avant suppression automatique. La mesure ne concerne que les organisations qui avaient configuré la zéro rétention ; les plans grand public (Free, Pro, Max) ne sont pas affectés.

Cette annonce change-t-elle quelque chose pour les utilisateurs gratuits de ChatGPT ?

Non. Le billet d'OpenAI s'adresse aux clients de l'API ; les comptes grand public ne sont pas concernés par cette annonce.

OpenAI utilise-t-il les données des entreprises pour entraîner ses modèles ?

Non, sauf si le client l'accepte explicitement (opt-in), rappelle le billet du 19 août 2026.