IA et généalogie : lire, chercher et organiser vos actes anciens
Transkribus et Genebase lisent les actes anciens, FamilySearch fouille les manuscrits non indexés. Prix en France et méthode pour vérifier chaque transcription.

Pour lire un acte ancien, Transkribus propose des modèles entraînés sur l'écriture française et Genebase transcrit sans facturation. Pour chercher sans index, la recherche « Texte intégral » de FamilySearch parcourt des manuscrits que les recherches classiques ne voient pas. Pour organiser l'arbre, MyHeritage intègre sa transcription Scribe AI quand Geneanet mise sur sa recherche avancée. Une règle traverse tout : la transcription d'une IA se vérifie mot à mot contre l'image.
Le verdict, tâche par tâche
Lire un acte ancien : outils spécialisés et assistants
Transkribus facture par crédits. Le plan gratuit donne 50 crédits par mois, environ 50 pages selon l'éditeur. L'abonnement Scholar coûte 99 € par an (8,25 € par mois) pour 900 crédits annuels.

La page française de Transkribus pour les généalogistes présente des modèles d'état civil « entraînés sur les actes de naissance, mariage et décès depuis 1792 », tables décennales comprises, et d'autres pour les registres de catholicité d'avant la Révolution. Le site annonce plus de 95 % de précision par caractère pour ses meilleurs modèles sur des actes bien conservés. « Transkribus French Model 1 » vise l'écriture historique et moderne, du XVIIe au XIXe siècle, avec 7,8 % d'erreurs de caractères sur son jeu de validation. « New France (17th-18th Century) », de Maxime Gohier, est entraîné par le projet Nouvelle-France numérique sur des actes notariés québécois de la Nouvelle-France, avec 5 % d'erreurs sur son propre jeu de validation.
Côté français, Genebase, développé par Quentin Beaume, transcrit les actes manuscrits anciens sans payer : 150 crédits offerts à l'inscription, 30 par transcription, renouvelés tous les 5 jours. Par défaut, la transcription reste « fidèle au document original » ; la modernisation de l'orthographe (« moy » devient « moi ») et le développement des abréviations (« pnt » en « présent ») sont des options à cocher. Caractéristiques relevées sur sa page officielle le 28 octobre 2026.
Généatique, le logiciel généalogique français du CDIP, intègre la transcription par IA depuis son édition 2025 : « l'IA fournit une base de transcription que vous visualisez sous l'image originale ». Les crédits, inclus avec chaque licence, se rechargent à partir de 1,95 € par mois pour 2 000 crédits. L'éditeur prévient : « un document de mauvaise qualité et/ou une écriture particulièrement mauvaise peuvent donner des résultats alambiqués ».
Chez MyHeritage, Scribe AI « transcrit, traduit et interprète les documents familiaux et les photos historiques » depuis début mars 2026 ; l'application mobile l'a reçue en avril.
Un assistant généraliste comme ChatGPT prend aussi une photo d'acte : 20 Mo maximum par image, 3 importations par jour en offre gratuite. Même usage chez Gemini, avec les mêmes précautions. Cette lecture d'images n'a rien à voir avec l'audio : notre sélection d'outils de transcription audio couvre réunions et podcasts, pas les actes.
| Outil | Ce qu'il fait | Prix relevé le 28 octobre 2026 |
|---|---|---|
| Transkribus | Modèles publics d'état civil français et d'écriture ancienne | Free : 0 € (50 crédits/mois) ; Scholar : 99 €/an |
| Genebase | Transcrit les actes ; modernisation de l'orthographe et abréviations en options | Gratuit : 150 crédits offerts, 30 par acte |
| Généatique (CDIP) | Transcription affichée sous l'image de l'acte, dans le logiciel | Capital inclus avec la licence ; recharges dès 1,95 €/mois (2 000 crédits) |
| Scribe AI (MyHeritage) | Transcrit, traduit et interprète documents et photos | Non communiqué |
| ChatGPT | Transcrit une photo d'acte (20 Mo maximum) | Gratuit : 3 fichiers par jour |
Chercher dans les archives : FamilySearch et les chantiers français
L'onglet « Texte intégral » de FamilySearch fouille des documents manuscrits non indexés, « pour dénicher des noms, des dates et des détails que les recherches standard ne trouvent pas » (traduit de l'anglais). La recherche simple se décrit avec vos propres mots ; la recherche avancée demande nom, date et lieu, filtres à gauche.
Le ministère de la Culture cite trois chantiers : Himanis, qui repère les occurrences d'un mot dans les registres de la chancellerie royale de la fin du Moyen Âge avec les Archives nationales et l'IRHT, les registres des États de Bourgogne en Côte-d'Or, et SOCFACE.
En Côte-d'Or, le projet « Lettres en Lumières » des Archives départementales cherche à « reconnaître toutes les écritures à partir du XVIIe siècle » sur les archives des États de Bourgogne. Les résultats « sont déjà impressionnants pour les textes du XVIIIe siècle, avec très peu d'erreurs de transcription ». Le chantier affiche une trentaine de documents traités, près de 2 000 pages corrigées et 19 bénévoles.

SOCFACE vise la transcription automatique de tous les recensements français de 1836 à 1936. Le périmètre annoncé : 15 millions d'images et « probablement à 500 millions d'entrées nominatives », pour un chantier présenté comme « une première mondiale », soutenu par le service interministériel des Archives de France avec l'INED et Teklia. Dans les pages publiques des services d'archives, aucune recherche plein texte ouverte sur l'état civil manuscrit n'apparaît à ce jour.
Les sites d'arbre et leurs fonctions IA
MyHeritage affiche cinq abonnements annuels en France, TVA comprise, avec un tarif d'appel la première année. Premium démarre à 65 €, puis à 99 € par an. Omni démarre à 189 €, puis à 339 € par an. L'offre gratuite plafonne l'arbre à 250 individus ; Premium monte à 2 500 personnes et les offres hautes suppriment la limite, sauf Data, restée à 250.

Les outils photo de l'éditeur (réparer, sublimer, coloriser, animer) restent réservés aux offres Complet et Omni ; notre sélection d'IA de retouche photo donne d'autres pistes. Le bilan officiel 2025 revendique l'IA « sur l'ensemble de la plateforme ».
L'IA n'y fait pas l'unanimité : AI Record Finder, l'assistant de recherche conversationnel lancé fin 2023, a été supprimé le 9 août 2024 après 185 000 testeurs. « nous avons constaté, d'après les commentaires que nous avons reçus, que la plupart des généalogistes préféraient des formats de recherche plus traditionnel », écrit Erica Edvi sur le blog MyHeritage.

Geneanet, dont le rachat par Ancestry a été signé le 31 août 2021, ne met en avant aucune fonction d'intelligence artificielle sur ses pages publiques : ses arguments sont la recherche avancée, les indices et les alertes. L'arbre gratuit y est « sans limite de taille » ; le Premium démarre à 4,13 € par mois. Chez Ancestry.fr, l'« Abonnement France » coûte 9,99 € par mois, ou 39 € pour six mois. L'« Abonnement Monde Deluxe » monte à 22,99 € par mois, ou 59 € pour six mois.
Vérifier une transcription avant de l'inscrire dans l'arbre
Éditeurs et fédération demandent eux-mêmes cette relecture. OpenAI documente le risque d'invention : son modèle « peut produire des réponses incorrectes ou trompeuses » et « sembler sûr de lui, alors même qu'il se trompe » (traduit de l'anglais). La Fédération française de généalogie explique pourquoi l'IA « sur-interprète » les archives : graphies anciennes, lettres similaires (s, f, l), abréviations, latin, formules juridiques. « Ces erreurs sont d'autant plus problématiques qu'elles sont présentées par l'IA avec beaucoup d'assurance. » FamilySearch condense la règle : « Tous les faits qui vous sont donnés devraient être vérifiés avec soin et les résultats peuvent avoir besoin d'être précisés ou affinés. »
Relisez chaque transcription mot à mot contre l'image, en commençant par les noms, les dates et les lieux : c'est ce qui entre dans l'arbre. La fédération conseille de se méfier des lettres qui se ressemblent, des abréviations et du latin.
Les tests ADN : ce que dit la loi française
MyHeritage propose son kit ADN aux visiteurs français, affiché 19,90 € (prix barré 89 €), hors frais d'expédition.
La fiche Service-Public.fr (vérifiée le 6 août 2026) l'énonce : « Il est interdit de procéder à un test de paternité dans un cadre privé, par exemple, sur internet ou à l'étranger. » Réaliser le test hors des règles légales expose à 1 an d'emprisonnement et à 15 000 € d'amende. Solliciter hors des règles l'examen de ses caractéristiques génétiques ou de celles d'une autre personne expose à 3 750 € d'amende.
De l'acte à l'arbre en cinq étapes
1. Cherchez l'acte. Dans FamilySearch, ouvrez le menu Recherche puis l'onglet « Texte intégral ». Décrivez ce que vous cherchez, ou passez en recherche avancée (nom, date, lieu). Vérifiez que les collections qui vous concernent figurent dans la liste. 2. Transcrivez sans rien installer. Sur la page d'un modèle public Transkribus, « Try this model » accepte une image PNG ou JPG de 10 Mo maximum, directement dans le navigateur. 3. Passez par un outil français si besoin. Genebase transcrit votre image pour 30 crédits, sur les 150 offerts à l'inscription. 4. Relisez mot à mot contre l'image. Chez Généatique, la transcription s'affiche sous l'image originale. Sur ChatGPT, importez la photo, demandez la transcription puis la traduction, et contrôlez chaque nom et chaque date. 5. Inscrivez dans l'arbre. L'arbre gratuit de MyHeritage prend 250 individus, celui de Geneanet n'a pas de limite.



