Migration COBOL : ce que valent les 86,6 % revendiqués par OpenAI
OpenAI revendique 86,6 % de migrations COBOL réussies. Ce que ce critère tout-ou-rien mesure, et ce qu'il ne dit pas d'une migration bancaire réelle.

Le 19 octobre, OpenAI a annoncé que GPT-6.1 Sol réussissait 86,6 % des migrations COBOL de sa propre évaluation, contre 5,4 % pour son prédécesseur GPT-5.6 Sol au même réglage de raisonnement. Pour une direction informatique de banque, d'assurance ou d'administration publique, ce chiffre compare des modèles entre eux : il ne chiffre aucun projet.
Le billet, publié dans la rubrique recherche d'OpenAI, n'annonce ni outil ni service : les modèles restent accessibles par API. OpenAI y rappelle que COBOL ferait fonctionner plus de 40 % des systèmes de banque en ligne et 95 % des retraits aux distributeurs, des chiffres repris d'une page IBM qui cite PC Mag, sans date vérifiable. Anthropic limite pour sa part ce chiffre des distributeurs aux États-Unis.
Le critère d'OpenAI : tout réussir, à l'octet près
Le billet évalue des migrations de programmes COBOL vers C++, Java, Kotlin, Python ou Rust, en préservant ce que fait chaque programme. Les 86,6 % sont obtenus à faible effort de raisonnement, le réglage le moins coûteux. À effort plus élevé, non précisé, le score atteint 97,9 %, décrit comme proche de la saturation.
Le critère est tout-ou-rien. Les tests, cachés, exigent une parité octet pour octet des sorties observables : une migration ne compte réussie que si tous les tests passent. La règle vient de l'arithmétique en virgule fixe du COBOL : sans arrondi demandé, les décimales excédentaires sont supprimées. Une réécriture qui arrondit tourne sans erreur, mais produit d'autres résultats financiers.
GPT-6.1 Sol, lancé au DevDay du 29 septembre (notre article), s'utilise via l'API sur les langages que votre équipe emploie.

Un corpus caché, une économie non vérifiable
Les langages cibles sont publiés. Le reste ne l'est pas, note ActuIA le 21 octobre : ni le nombre de programmes, ni leur origine, ni leur taille, ni leur répartition par langage. Aucune entreprise cliente n'est nommée.
Le « 61 % du coût de l'API » revendiqué face à GPT-5.6 Sol reste une mesure d'OpenAI, sans grille ni volume publiés. Selon un calcul d'ActuIA à partir des grilles officielles, la facture tomberait à 50 % à jetons égaux : atteindre 61 % suppose environ 22 % de jetons consommés en plus par programme. Impossible à vérifier sans les compteurs d'OpenAI.
Le billet d'OpenAI le précise lui-même : appliquer ces capacités à des logiciels de production « exige toujours une revue par des experts et des tests contre les règles métier et les dépendances du système » (traduit de l'anglais).
Le banc indépendant place GPT-6.1 Sol quatrième sur 26
Le banc indépendant Code Migration, publié par le laboratoire d'évaluation Vals AI, a été mis à jour le 19 octobre, le jour même du billet d'OpenAI. Au classement d'ensemble, Claude Sonnet 5.5 arrive premier à 86,88 %, devant Claude Opus 5.5 (81,01 %) et GPT-6 Astra (80,58 %). GPT-6.1 Sol suit à 77,32 %, quatrième sur 26. Son coût par test, 9,51 $, reste environ 4,6 fois inférieur à celui du leader (43,88 $).
Le banc additionne deux volets : 30 dépôts open source migrés entre langages classiques, et 10 dépôts COBOL à passer vers Java. Ce volet mélange programmes open source et systèmes synthétiques, qui exercent formats de fichiers, traitements par lots, interfaces terminal et état persistant. Chaque dépôt pèse autant : le volet COBOL compte pour un quart du score publié. Aucun score COBOL isolé n'est publié.
Le critère tout-ou-rien existe aussi chez Vals, sur le volet classique. Claude Opus 5.5 y reproduit intégralement 18 des 120 migrations notées, Sonnet 5.5 quinze, aucun autre modèle plus de 4, et GPT-6 Astra aucune. Pas de décompte équivalent pour le volet COBOL.

Ce qu'une vraie migration ajoute à la facture
Chez Thoughtworks, cabinet de conseil, l'analyse publiée le 2 mars 2026 liste le chemin complet : extraction des exigences, architecture transitoire, migration et synchronisation des données, double exécution puis bascule. « La génération de code n'est qu'un petit morceau du problème, mais il devient moins cher et plus rapide avec les outils d'IA » (traduit de l'anglais).
Chez Anthropic, le billet du 23 février 2026 sur la modernisation COBOL est promotionnel, sans aucune mesure de performance de migration. La condition est la même que chez OpenAI : votre équipe décide si les tests générés suffisent et quels scénarios exigent une validation manuelle. OpenAI publie aussi un second banc, vérifiable celui-là : MultiLangBench, protocole et tests sur GitHub, qui demande de construire dans vingt langages un moteur de base de données compatible SQLite. Le COBOL y reste la langue la plus difficile : 72,1 % de tests réussis pour GPT-6 Astra à effort maximal. Le dépôt recommande un sous-ensemble de 272 tests, et le billet ne dit pas sur quelle série portent ses scores.
Les tarifs de l'API, et aucune offre packagée trouvée
Grilles API relevées le 22 octobre 2026 sur le site développeurs d'OpenAI, prix catalogue par million de jetons :
| Modèle | Entrée | Cache (lecture) | Écriture cache | Sortie |
|---|---|---|---|---|
| `gpt-6.1-sol` | 2,00 $ | 0,10 $ | 2,50 $ | 10,00 $ |
| `gpt-5.6-sol` | 4,00 $ | 0,40 $ | — | 20,00 $ |
| `gpt-6-astra` | 10,00 $ | 1,00 $ | 12,50 $ | 50,00 $ |
GPT-5.6 Sol reste promotionnel au moins jusqu'au 21 novembre 2026 selon la fiche officielle. GPT-6.1 Sol est disponible via l'API et dans ChatGPT Work et Codex, les offres payantes Plus, Pro, Business, Enterprise et Edu. Le chat de ChatGPT ne l'embarque pas encore. Côté services, aucune offre de migration COBOL packagée n'a été trouvée, ni chez OpenAI ni chez Anthropic.
Pour chiffrer une migration, rien ne remplace l'inventaire de vos programmes, la cartographie des données et une double exécution encadrée. Au quotidien, notre guide des meilleurs assistants de code IA détaille quel outil pour quel usage.


